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Royaume de FranceMontjoie ! Saint Denis !

L’Histoire

La grande chronologie du Royaume

85 dates, de la Gaule romaine au dernier sacre : quatorze siècles d’histoire royale déroulés en une seule frise.

451

Les champs Catalauniques

Quelque part dans la plaine champenoise, une coalition rassemblée par le patrice romain Aetius arrête la chevauchée d’Attila. Aux côtés des Wisigoths de Théodoric Ier, qui y perd la vie, combattent les Francs saliens, alors fédérés de l’Empire. La tradition y place Mérovée, l’ancêtre éponyme dont l’existence historique demeure incertaine.

Mérovingiens
486

Clovis victorieux à Soissons

Roi des Francs saliens depuis 481, Clovis défait Syagrius, dernier maître romain du territoire entre Somme et Loire. La victoire ouvre au jeune prince la route de la Gaule du Nord et fait de Soissons sa première capitale. L'épisode du vase brisé, rapporté par Grégoire de Tours, appartient au récit édifiant plus qu'à la chronique certaine.

Mérovingiens
496Noël 496

Baptême de Clovis à Reims

Saint Remi baptise le roi des Francs avec, dit Grégoire de Tours, plus de trois mille de ses guerriers. Seul souverain barbare à embrasser la foi de Nicée sans passer par l’arianisme, Clovis lie pour treize siècles la couronne et l'Église. L’année exacte est discutée — 496, 498 ou 499 — et la sainte ampoule apportée par la colombe relève de la légende recueillie par Hincmar au IXe siècle.

Mérovingiens
507

Vouillé et la chute du royaume wisigoth

Près de Poitiers, Clovis écrase les Wisigoths d’Alaric II, tué au combat. L’Aquitaine passe aux Francs et les vaincus se replient sur la Septimanie et l’Espagne. L’empereur Anastase envoie au vainqueur les insignes du consulat, reconnaissance venue d’Orient de la nouvelle puissance des Gaules.

Mérovingiens
51127 novembre 511

Mort de Clovis, après le concile d’Orléans

Quelques mois après avoir réuni à Orléans les évêques de son royaume — premier concile national de l’histoire de France —, Clovis s'éteint à Paris. Il est inhumé dans la basilique des Saints-Apôtres qu’il avait fondée avec Clotilde, et qui prendra le nom de Sainte-Geneviève lorsque la sainte y sera à son tour ensevelie. Ses quatre fils se partagent le regnum Francorum selon la coutume franque.

Mérovingiens
613

Clotaire II réunit le royaume des Francs

L'élimination de la reine Brunehaut, livrée par l’aristocratie austrasienne, place Neustrie, Austrasie et Burgondie sous un seul sceptre. Clotaire II achève ainsi un demi-siècle de guerres fratricides. L'édit de Paris de 614 scelle le prix de cette victoire : le roi gouverne désormais avec les grands, dont l’influence ne cessera de croître.

Mérovingiens
63919 janvier 639

Mort de Dagobert Ier, premier roi inhumé à Saint-Denis

Dernier Mérovingien à régner pleinement, Dagobert avait comblé de dons l’abbaye élevée sur le tombeau de saint Denis. Il choisit d’y reposer et inaugure ainsi la nécropole des rois de France, qui accueillera près de mille deux cents ans de souverains. Son orfèvre saint Éloi, devenu évêque de Noyon, incarne l’alliance du trône et de l'Église à l’aube du siècle des saints.

Mérovingiens
687

Tertry : les maires du palais prennent le pouvoir

Pépin de Herstal, maire du palais d’Austrasie, défait à Tertry l’armée neustrienne et se rend maître de l’ensemble des royaumes francs. Les Mérovingiens conservent le titre et le sang sacré, mais l’autorité passe aux mains de la maison qui deviendra carolingienne. Commence le temps que l’historiographie nommera celui des rois fainéants.

Mérovingiens
73225 octobre 732

Charles Martel arrête les Sarrasins à Poitiers

Entre Tours et Poitiers, l’infanterie franque brise la cavalerie d’Abd al-Rahman, qui périt sur le champ. La victoire n’achève pas les incursions musulmanes en Gaule, poursuivies jusqu'à la reprise de Narbonne en 759, mais elle donne à la maison de Herstal un prestige immense. L’Occident chrétien y reconnaîtra longtemps la borne posée à l’expansion de l’islam.

Carolingiens
751novembre 751

Sacre de Pépin le Bref à Soissons

Fort de la réponse du pape Zacharie — mieux vaut nommer roi celui qui exerce le pouvoir —, Pépin est élu par les grands puis oint par les évêques à Soissons. Childéric III, dernier Mérovingien, est tonsuré et relégué au monastère de Saint-Bertin. L’onction, empruntée aux rois d’Israël, fait pour la première fois du roi des Francs un personnage consacré.

Carolingiens
75428 juillet 754

Le pape Étienne II sacre Pépin à Saint-Denis

Venu chercher secours contre les Lombards, le pape renouvelle de sa main l’onction du roi et l'étend à ses fils Charles et Carloman. Il leur confère le titre de patrices des Romains et interdit aux Francs de se donner un roi d’une autre lignée. L’alliance du Siège apostolique et de la dynastie franque est scellée à l’abbaye des rois.

Carolingiens
80025 décembre 800

Charlemagne couronné empereur à Rome

Le jour de Noël, dans la basilique Saint-Pierre, le pape Léon III pose la couronne impériale sur la tête du roi des Francs et l’assemblée l’acclame empereur des Romains. L’Empire d’Occident renaît, chrétien et franc, après trois siècles d'éclipse. Éginhard prétend que Charles fut surpris ; l’affirmation relève sans doute de la modestie de cour.

Carolingiens
81428 janvier 814

Mort de Charlemagne à Aix-la-Chapelle

L’empereur s'éteint dans sa capitale, où il est aussitôt inhumé dans la chapelle palatine. Louis le Pieux, son unique fils survivant, hérite d’un Empire qui court de l'Èbre à l’Elbe. La renaissance des lettres et des écoles engagée par Alcuin lui survivra plus longtemps que son unité politique.

Carolingiens
843août 843

Le traité de Verdun partage l’Empire

Après trois années de guerre entre les fils de Louis le Pieux, Lothaire, Louis le Germanique et Charles le Chauve se répartissent l’héritage carolingien. Charles reçoit la Francie occidentale, entre Escaut, Meuse, Saône et Rhône : la France y prend son assise territoriale. Les serments prononcés à Strasbourg l’année précédente avaient déjà révélé la séparation des langues.

Carolingiens
885885-886

Le siège de Paris et la gloire d’Eudes

Des centaines de navires normands remontent la Seine et investissent la Cité. Le comte Eudes, fils de Robert le Fort, et l'évêque Gozlin tiennent la ville près d’un an, tandis que l’empereur Charles le Gros achète le départ des assaillants. Le déshonneur du souverain fait la fortune du défenseur : Eudes est élu roi en 888, et sa maison donnera les Capétiens.

Carolingiens
911

Saint-Clair-sur-Epte : naissance de la Normandie

Charles III le Simple concède au chef normand Rollon les terres de la basse Seine, contre son baptême et sa fidélité. Le pays des hommes du Nord devient duché et bouclier du royaume vers la mer. De ce duché naîtra deux siècles plus tard la plus redoutable des rivalités féodales.

Carolingiens
9873 juillet 987

Sacre d’Hugues Capet à Noyon

Élu par les grands à Senlis après la mort accidentelle de Louis V, le duc des Francs est sacré par Adalbéron, archevêque de Reims. Il fait couronner son fils Robert dès la Noël suivante, inaugurant l’usage qui assurera la continuité de la lignée. La dynastie ainsi commencée régnera, par ses branches, jusqu’en 1848.

Capétiens
109527 novembre 1095

L’appel de Clermont

Au concile de Clermont, le pape Urbain II exhorte la chevalerie d’Occident à délivrer le Saint-Sépulcre ; la foule répond « Dieu le veut ». La première croisade est surtout affaire de barons français — Raymond de Saint-Gilles, Godefroy de Bouillon, Robert de Normandie — tandis que Philippe Ier, alors excommunié, demeure à l'écart. Les Orientaux prendront l’habitude de nommer Francs tous les croisés.

Capétiens
114411 juin 1144

Suger consacre le chevet de Saint-Denis

En présence de Louis VII et d’une vingtaine d'évêques, l’abbé Suger dédie le nouveau chœur de l’abbatiale royale. Croisées d’ogives, arcs-boutants et verrières y composent le premier ensemble de l’art que l’on nommera plus tard gothique. La lumière y devient théologie, et la nécropole des rois le manifeste d’un art français.

Capétiens
1163

Première pierre de Notre-Dame de Paris

L'évêque Maurice de Sully entreprend sur l'île de la Cité une cathédrale à la mesure de la capitale capétienne ; la tradition veut que le pape Alexandre III, alors réfugié en France, ait posé la première pierre. Le chantier durera près de deux siècles. Notre-Dame deviendra le sanctuaire des Te Deum de la monarchie.

Capétiens
118018 septembre 1180

Avènement de Philippe Auguste

Sacré du vivant de son père en novembre 1179, le jeune Philippe devient seul roi à la mort de Louis VII. Il gouvernera quarante-trois ans, quadruplera le domaine royal et donnera à la monarchie ses premiers rouages administratifs : baillis, sénéchaux, archives, trésor. Il sera le premier à se dire roi de France et non plus roi des Francs.

Capétiens
121427 juillet 1214

Bouvines

Un dimanche de juillet, en Flandre, Philippe Auguste défait la coalition de l’empereur Otton IV, de Ferrand de Portugal et de Renaud de Dammartin. La victoire consacre la conquête de la Normandie et de l’Anjou, arrachés à Jean sans Terre dix ans plus tôt. Le retour du roi, acclamé jusqu'à Paris, passe pour la première manifestation d’un sentiment national.

Capétiens
122629 novembre 1226

Sacre de Louis IX, régence de Blanche de Castille

Louis VIII étant mort à Montpensier le 8 novembre, son fils de douze ans est sacré à Reims trois semaines plus tard, dans la hâte que commandent les révoltes baronniales. Blanche de Castille assure la régence avec une fermeté qui sauve la couronne. Le règne qui s’ouvre sera tenu pour le modèle même de la royauté chrétienne.

Capétiens
123910 août 1239

Saint Louis reçoit la Couronne d'épines

À Villeneuve-l’Archevêque, le roi et son frère Robert d’Artois accueillent pieds nus la relique achetée à l’empereur latin de Constantinople. Portée jusqu'à Sens puis à Paris, elle fait de la capitale une nouvelle Jérusalem. Pour l’abriter, Louis IX décide l'édification d’un reliquaire de pierre et de verre.

Capétiens
124826 avril 1248

Consécration de la Sainte-Chapelle

Élevée en moins de sept ans au cœur du palais de la Cité, la chapelle haute déploie plus de six cents mètres carrés de verrières. Elle abrite la Couronne d'épines et les reliques de la Passion, et proclame que le roi de France est le gardien du trésor de la chrétienté. Louis IX s’embarquera quelques mois plus tard pour la septième croisade.

Capétiens
1257

Robert de Sorbon fonde son collège

Chapelain du roi, Robert de Sorbon ouvre pour les étudiants pauvres en théologie une maison que Louis IX dote et protège. Le collège donnera son nom à la faculté puis à l’Université tout entière. Paris devient pour trois siècles la capitale intellectuelle de l’Occident latin.

Capétiens
127025 août 1270

Mort de Saint Louis devant Tunis

Frappé par l'épidémie qui décime son armée, le roi meurt sur la cendre, les bras en croix, au huitième jour de son agonie. Ses restes sont ramenés à Saint-Denis au terme d’un long cortège funèbre. Boniface VIII le canonisera le 11 août 1297 : la France a désormais un roi sur les autels.

Capétiens
1302avril 1302

Les premiers États généraux

En plein conflit avec Boniface VIII, Philippe le Bel convoque à Notre-Dame de Paris les trois ordres du royaume pour appuyer sa cause. Clergé, noblesse et bonnes villes y délibèrent ensemble pour la première fois. L’institution, née d’un besoin du roi, deviendra tour à tour son recours et son épreuve.

Capétiens
132829 mai 1328

Philippe VI, premier Valois, sacré à Reims

Charles IV mort sans fils le 1er février, les grands écartent Édouard III d’Angleterre, petit-fils de Philippe le Bel par sa mère, au profit du cousin Philippe de Valois. On invoque la coutume selon laquelle femme ne succède ni ne transmet la couronne — principe que les légistes rattacheront plus tard à la loi salique. La branche cadette des Capétiens s’installe sur le trône.

Valois
133724 mai 1337

Ouverture de la guerre de Cent Ans

Philippe VI prononce la confiscation de la Guyenne, fief que le roi d’Angleterre tient de lui en hommage. Édouard III y répond en relevant ses prétentions à la couronne de France et en écartelant ses armes de fleurs de lys. S’ouvre un conflit de cent seize ans, entrecoupé de trêves, qui forgera la nation autant qu’il la ravagera.

Valois
134626 août 1346

Crécy

La chevalerie française se brise sur les archers gallois et anglais d'Édouard III, dans une charge désordonnée que ni le terrain ni la pluie n’autorisaient. Le roi de Bohême Jean l’Aveugle y trouve la mort, aveugle et lié à ses compagnons. L’année suivante, Calais capitule : la place restera anglaise deux siècles.

Valois
135619 septembre 1356

Poitiers : le roi prisonnier

À Maupertuis, près de Poitiers, le Prince Noir défait l’armée royale et capture Jean II le Bon, qui combattait à pied avec son plus jeune fils. Conduit à Londres, le roi laisse le royaume au dauphin Charles, aux prises avec Étienne Marcel et la Jacquerie. Le prix de sa rançon accablera la France pour une génération.

Valois
13608 mai 1360

Le traité de Brétigny

Signé près de Chartres et ratifié à Calais en octobre, l’accord cède à Édouard III une Aquitaine élargie en pleine souveraineté contre l’abandon formel de ses prétentions au trône. Jean II retournera volontairement en captivité en 1364, ses otages s'étant évadés, et mourra à Londres. La renonciation réciproque ne sera jamais échangée : la guerre repartira en 1369.

Valois
136419 mai 1364

Sacre de Charles V le Sage

Trois jours après la victoire de Du Guesclin à Cocherel, le dauphin est sacré à Reims. Prince lettré, bâtisseur de la Bastille et fondateur de la Librairie du Louvre, il reconquiert méthodiquement le royaume sans livrer de grande bataille. À sa mort, en 1380, les Anglais ne tiennent plus que quelques places côtières.

Valois
141525 octobre 1415

Azincourt

Dans la boue d’Artois, la noblesse française, trois fois plus nombreuse, est anéantie par les archers d’Henri V. Connétable, amiral et princes du sang y périssent ; Charles d’Orléans, poète, part pour vingt-cinq ans de captivité. La démence de Charles VI et la guerre des Armagnacs et des Bourguignons livrent le royaume à ses divisions.

Valois
142021 mai 1420

Le traité de Troyes

Sous la pression de Jean sans Peur assassiné puis de son fils Philippe le Bon, Isabeau de Bavière et Charles VI donnent Catherine de France à Henri V et l’instituent héritier du royaume. Le dauphin Charles est déclaré déchu. Aucun traité ne pouvant aliéner la couronne, les légistes du parti français dénonceront un acte nul de plein droit.

Valois
142917 juillet 1429

Jeanne d’Arc et le sacre de Charles VII

Le siège d’Orléans levé le 8 mai et Patay emporté, la Pucelle conduit le dauphin à travers un pays occupé jusqu'à la cathédrale de Reims, où l’archevêque Regnault de Chartres l’oint roi de France. L’onction règle la question de légitimité que Troyes avait ouverte. Jeanne se tient près de l’autel, son étendard à la main : « il avait été à la peine, c'était bien raison qu’il fût à l’honneur ».

Valois
143130 mai 1431

Jeanne d’Arc brûlée à Rouen

Capturée à Compiègne, vendue aux Anglais, jugée par un tribunal d'Église présidé par Pierre Cauchon, la jeune Lorraine est livrée au bûcher de la place du Vieux-Marché. Un procès en nullité, ouvert à la demande de sa famille et de Charles VII, cassera la sentence en 1456. Benoît XV la canonisera le 16 mai 1920.

Valois
14387 juillet 1438

La Pragmatique Sanction de Bourges

Charles VII fait adopter par une assemblée du clergé de France les décrets conciliaires de Bâle : élection des évêques, limitation des interventions pontificales, suppression des annates. L'Église de France affirme ses libertés sous la protection du roi. Ce gallicanisme sera le cadre des rapports avec Rome jusqu’au Concordat de 1516.

Valois
145317 juillet 1453

Castillon met fin à la guerre de Cent Ans

L’artillerie des frères Bureau brise l’assaut anglais et le vieux Talbot périt sous son cheval. Bordeaux capitule le 19 octobre ; de tout le royaume, l’Angleterre ne conserve que Calais. Aucun traité ne conclut ce conflit de plus d’un siècle : il s'éteint faute de combattants.

Valois
14775 janvier 1477

Mort de Charles le Téméraire à Nancy

Le dernier duc de Bourgogne périt devant Nancy, où son corps est retrouvé défiguré dans un étang gelé. Louis XI saisit aussitôt le duché et la Picardie, tandis que Marie de Bourgogne porte les Pays-Bas et la Franche-Comté aux Habsbourg par son mariage avec Maximilien. De cette dépouille naîtra la rivalité de la France et de la maison d’Autriche.

Valois
14916 décembre 1491

Charles VIII épouse Anne de Bretagne

Au château de Langeais, le roi épouse l’héritière du dernier duché indépendant de l’Ouest. Le contrat prévoit que, veuve, Anne épousera le successeur de Charles : elle deviendra reine une seconde fois en 1499, avec Louis XII. La Bretagne entre ainsi dans l’orbite de la couronne, quarante ans avant son union définitive.

Valois
151513-14 septembre 1515

Marignan

Deux jours de bataille contre les Suisses, réputés invincibles, ouvrent au jeune François Ier le duché de Milan. Le roi se fait armer chevalier sur le champ par Bayard, geste qui vaut manifeste d’un règne. La paix perpétuelle de Fribourg, en 1516, liera durablement la France aux cantons helvétiques.

Valois
151618 août 1516

Le Concordat de Bologne

François Ier et Léon X substituent à la Pragmatique de Bourges un accord qui donne au roi la nomination des évêques et des abbés, au pape la confirmation canonique et les annates. Le souverain devient maître des grandes charges de l'Église de France. Le texte régira le clergé du royaume jusqu’en 1790.

Valois
1532août 1532

L’union de la Bretagne à la France

Réunis à Vannes, les États de Bretagne demandent l’union perpétuelle du duché à la couronne, que François Ier accorde par l'édit du Plessis-Macé. Le pays conserve ses états, ses privilèges fiscaux et son parlement. L’hexagone continental prend presque sa forme moderne.

Valois
1539août 1539

L’ordonnance de Villers-Cotterêts

En cent quatre-vingt-douze articles, François Ier réforme la justice du royaume : les curés tiendront registre des baptêmes et des sépultures, ancêtre de l'état civil. Surtout, tous les actes de justice seront rédigés « en langage maternel françois et non autrement ». La langue du roi devient celle du droit, et par le droit celle de la nation.

Valois
155910 juillet 1559

Mort d’Henri II et fin des guerres d’Italie

Le traité du Cateau-Cambrésis, signé en avril, clôt soixante-cinq ans d’ambitions transalpines mais rend à la France les Trois-Évêchés et Calais. Blessé à l'œil par la lance de Montgomery lors des tournois célébrant la paix, le roi meurt après dix jours d’agonie. Trois fils mineurs ou fragiles et une régente italienne affronteront la tourmente religieuse.

Valois
157224 août 1572

La Saint-Barthélemy

Six jours après les noces de Marguerite de Valois et d’Henri de Navarre, l’assassinat de Coligny déclenche à Paris un massacre qui gagne une douzaine de villes du royaume. Les victimes se comptent par milliers, sans que l’on puisse en fixer le nombre. La monarchie y perd le crédit d’arbitre qu’elle tentait de garder entre les deux confessions.

Valois
15892 août 1589

Assassinat d’Henri III, extinction des Valois

Frappé la veille à Saint-Cloud par le dominicain Jacques Clément, le dernier fils d’Henri II expire en reconnaissant pour héritier Henri de Navarre, chef du parti protestant. La branche de Valois s'éteint après deux cent soixante et un ans de règne. La couronne échoit aux Bourbons, descendants de Robert de Clermont, sixième fils de Saint Louis.

Valois
159325 juillet 1593

L’abjuration d’Henri IV à Saint-Denis

Après quatre années de guerre contre la Ligue, le roi de Navarre se convertit solennellement dans l’abbatiale des rois, entre les mains de l’archevêque de Bourges. Il sera sacré à Chartres le 27 février 1594, Reims tenant encore pour ses adversaires, et entrera dans Paris le 22 mars. Le mot « Paris vaut bien une messe » lui fut prêté longtemps après sa mort et n’est attesté par aucun témoin.

Bourbons
159830 avril 1598

L'édit de Nantes

Henri IV accorde aux réformés la liberté de conscience, un culte réglé en des lieux déterminés, l'égalité civile et des places de sûreté. Deux jours plus tard, la paix de Vervins met fin à la guerre avec l’Espagne. Le royaume, exsangue, entre dans une décennie de restauration que Sully conduira les comptes à la main.

Bourbons
161014 mai 1610

Ravaillac assassine Henri IV

Rue de la Ferronnerie, dans un carrosse arrêté par un embarras de charrettes, le roi est frappé de deux coups de couteau par François Ravaillac. Marie de Médicis, sacrée la veille à Saint-Denis, assure la régence pour Louis XIII, âgé de huit ans. Le Béarnais entre aussitôt dans la mémoire française comme le meilleur des rois.

Bourbons
162828 octobre 1628

La reddition de La Rochelle

Après quatorze mois de siège et une digue de quinze cents mètres fermant la rade aux secours anglais, la place protestante capitule ; il ne reste qu’un habitant sur cinq. Richelieu, principal ministre depuis 1624, entre dans la ville en armes et Louis XIII y célèbre la messe. La paix d’Alès, en 1629, supprimera les places de sûreté sans toucher à la liberté de culte.

Bourbons
1635janvier 1635

Fondation de l’Académie française

Richelieu érige en corps officiel une petite société de lettrés qui se réunissait chez Valentin Conrart, et lui donne pour charge de « donner des règles certaines à notre langue ». Quarante membres veilleront sur le dictionnaire et l’usage. L’entreprise fait de la langue française une affaire d'État, quatre mois avant l’entrée du royaume dans la guerre de Trente Ans.

Bourbons
164319 mai 1643

Rocroi, cinq jours après la mort de Louis XIII

Le roi s’est éteint le 14 mai, laissant un dauphin de quatre ans et une régente espagnole, Anne d’Autriche, assistée de Mazarin. Dans les Ardennes, le duc d’Enghien, futur Grand Condé, brise l’infanterie espagnole réputée invincible. Le règne le plus long de l’histoire de France s’ouvre sur une victoire.

Bourbons
164824 octobre 1648

Les traités de Westphalie

Signés à Münster et Osnabrück, ils referment la guerre de Trente Ans et confirment à la France la possession des Trois-Évêchés et de droits en Alsace. L’Empire sort affaibli, la prééminence continentale passe à la maison de Bourbon. La guerre avec l’Espagne, elle, se poursuivra onze années encore.

Bourbons
165221 octobre 1652

Fin de la Fronde : Louis XIV rentre dans Paris

Après quatre années de troubles — Fronde parlementaire, puis Fronde des princes —, le jeune roi rentre dans sa capitale au milieu des acclamations. Condé passe au service de l’Espagne, Retz est arrêté, Mazarin revient en février suivant. Le souvenir des barricades et de la fuite nocturne de Saint-Germain marquera pour toujours la conception que Louis XIV se fera de l’autorité.

Bourbons
16597 novembre 1659

La paix des Pyrénées

Sur l'île des Faisans, au milieu de la Bidassoa, Mazarin et don Luis de Haro mettent fin à vingt-quatre ans de guerre. La France reçoit le Roussillon, une part de la Cerdagne et l’Artois. Le mariage de Louis XIV et de l’infante Marie-Thérèse, célébré à Saint-Jean-de-Luz en juin 1660, scelle l’accord et fournira le prétexte des futures revendications sur les Pays-Bas.

Bourbons
16619 mars 1661

Louis XIV décide de gouverner seul

Au lendemain de la mort de Mazarin, le roi de vingt-deux ans annonce à ses ministres qu’il n’y aura plus de principal ministre et qu’il entend rendre compte de tout par lui-même. Le Conseil d’en haut se resserre autour de Colbert, Le Tellier et Lionne ; Fouquet sera arrêté en septembre. Commence le gouvernement personnel le plus long qu’ait connu l’Europe.

Bourbons
16826 mai 1682

La cour s’installe à Versailles

Le roi transporte définitivement sa maison, ses ministères et sa cour dans le château que Le Vau, Hardouin-Mansart et Le Nôtre ont tiré du relais de chasse de Louis XIII. Des milliers de courtisans y vivent sous le regard du souverain, dans un cérémonial qui fait de l'étiquette un instrument de gouvernement. Versailles devient le modèle des cours d’Europe.

Bourbons
168518 octobre 1685

La révocation de l'édit de Nantes

L'édit de Fontainebleau abolit les concessions de 1598, ordonne la destruction des temples et interdit l’exil aux réformés — que deux cent mille braveront pourtant, vers la Hollande, la Suisse et le Brandebourg. La mesure fut célébrée par Bossuet et par la France catholique de son temps. Elle priva le royaume d’une part de ses artisans et de ses marchands, et arma durablement contre lui l’Europe protestante.

Bourbons
171311 avril 1713

Les traités d’Utrecht

Après la victoire de Villars à Denain, qui sauva le royaume envahi en juillet 1712, la paix reconnaît à Philippe V, petit-fils de Louis XIV, la couronne d’Espagne, moyennant sa renonciation à celle de France. La France cède à l’Angleterre Terre-Neuve, l’Acadie et la baie d’Hudson. L'équilibre européen que consacre Utrecht durera jusqu'à la Révolution.

Bourbons
17151er septembre 1715

Mort de Louis XIV

Le Roi-Soleil s'éteint à Versailles quatre jours avant son soixante-dix-septième anniversaire, après soixante-douze ans de règne. La succession passe à son arrière-petit-fils Louis XV, âgé de cinq ans, sous la régence de Philippe d’Orléans. « Je m’en vais, mais l'État demeurera toujours », aurait-il dit à ses courtisans.

Bourbons
176310 février 1763

Le traité de Paris et la perte de la Nouvelle-France

La guerre de Sept Ans s’achève par l’abandon du Canada, de la rive gauche du Mississippi et de la plupart des comptoirs de l’Inde. La France conserve les Antilles sucrières, Saint-Pierre-et-Miquelon et cinq comptoirs indiens. Choiseul entreprend aussitôt la reconstruction d’une marine qui prendra sa revanche en Amérique quinze ans plus tard.

Bourbons
177410 mai 1774

Avènement de Louis XVI

La variole emporte Louis XV à Versailles ; son petit-fils, âgé de dix-neuf ans, lui succède avec Marie-Antoinette pour reine. Le nouveau roi rappelle les parlements, appelle Turgot puis Necker, et fait de la réforme la matière de son règne. Il sera sacré à Reims le 11 juin 1775, dernier souverain à recevoir l’onction dans la cathédrale des sacres.

Bourbons
17895 mai 1789

Ouverture des États généraux à Versailles

Convoqués pour la première fois depuis 1614 afin de résoudre la crise financière, les trois ordres se rassemblent dans la salle des Menus-Plaisirs. La querelle du vote par tête conduit le tiers état à se proclamer Assemblée nationale le 17 juin, puis à jurer le 20 juin de ne pas se séparer avant d’avoir donné une constitution au royaume. En quelques semaines, la monarchie absolue cesse d’exister.

Révolution & Empire
178914 juillet 1789

La prise de la Bastille

Après le renvoi de Necker, la foule parisienne s’empare de la forteresse, qui ne renfermait que sept prisonniers ; le gouverneur de Launay est massacré. Le 4 août, l’Assemblée abolit les privilèges ; le 6 octobre, les journées d’octobre ramènent la famille royale de Versailles aux Tuileries. Le roi ne quittera plus Paris que pour fuir.

Révolution & Empire
179120-21 juin 1791

La fuite à Varennes

Espérant gagner Montmédy et l’armée de Bouillé, Louis XVI et sa famille quittent les Tuileries de nuit dans une berline trop lente ; ils sont reconnus et arrêtés à Varennes-en-Argonne. Le retour vers Paris se fait dans un silence de mort. La confiance rompue, la Constitution acceptée en septembre ne survivra pas un an.

Révolution & Empire
179210 août 1792

La chute de la monarchie

L’assaut des Tuileries par les fédérés et les sections parisiennes coûte la vie aux Suisses de la garde ; le roi se réfugie à l’Assemblée, qui le suspend, puis l’enferme au Temple. La Convention, réunie après Valmy, abolit la royauté le 21 septembre 1792. Treize siècles de monarchie française prennent fin en une matinée.

Révolution & Empire
179321 janvier 1793

Exécution de Louis XVI

Condamné à mort par la Convention à une faible majorité, le roi est guillotiné place de la Révolution après avoir tenté de parler au peuple. L’abbé Edgeworth de Firmont l’assiste jusqu’au dernier instant. Son testament, rédigé au Temple, pardonne à ses ennemis et demande à son fils de ne jamais chercher à venger sa mort.

Révolution & Empire
179316 octobre 1793

Marie-Antoinette conduite à l'échafaud

Après deux mois à la Conciergerie et un procès où on l’accusa jusqu'à l’infamie, la reine est exécutée à trente-sept ans. Elle avait écrit quelques heures plus tôt à Madame Élisabeth une dernière lettre où elle demandait pardon et pardonnait. Sa belle-sœur la suivra le 10 mai 1794.

Révolution & Empire
17958 juin 1795

Mort de Louis XVII au Temple

L’enfant de dix ans, séparé des siens et livré au cordonnier Simon, s'éteint dans sa prison ; l’analyse génétique de son cœur, conduite en 2000, a confirmé son identité et ruiné les prétentions des survivantistes. Son oncle, le comte de Provence, se proclame roi sous le nom de Louis XVIII par la déclaration de Vérone du 24 juin. La légitimité passe désormais par l’exil.

Révolution & Empire
18143 mai 1814

Louis XVIII entre dans Paris : la Restauration

Napoléon ayant abdiqué le 6 avril, le Sénat rappelle le frère de Louis XVI, qui rentre après vingt-trois ans d'émigration et fait dater son règne de 1795. La Charte constitutionnelle, octroyée le 4 juin, concilie la monarchie héréditaire, les libertés publiques et les acquis civils de la Révolution. Une monarchie tempérée s’essaie sur les ruines de l’Empire.

Restauration
18158 juillet 1815

La seconde Restauration après les Cent-Jours

Le retour de l'île d’Elbe avait chassé le roi à Gand en mars ; Waterloo, le 18 juin, met fin à l’aventure. Louis XVIII rentre aux Tuileries, mais l’occupation étrangère, la Terreur blanche et la Chambre introuvable pèsent sur le royaume. Le second traité de Paris ramène la France à ses frontières de 1790.

Restauration
182029 septembre 1820

L’enfant du miracle

Le 13 février, l’ouvrier sellier Louvel avait poignardé à l’Opéra le duc de Berry, dernier Bourbon en âge d’assurer la descendance de la branche aînée. Sept mois plus tard, sa veuve Marie-Caroline met au monde Henri, duc de Bordeaux. Lamartine et Chateaubriand saluent en lui l’enfant du miracle ; il sera le comte de Chambord.

Restauration
182416 septembre 1824

Mort de Louis XVIII

Premier roi depuis Louis XV à mourir sur le trône, il s'éteint aux Tuileries au terme d’un règne de dix ans qui aura sauvé la Charte des ultras comme des libéraux. Son frère, le comte d’Artois, lui succède sous le nom de Charles X. La monarchie change de tempérament autant que de titulaire.

Restauration
182529 mai 1825

Le sacre de Charles X à Reims

Dans la cathédrale restaurée pour l’occasion, le dernier roi de France sacré reçoit l’onction de l’archevêque de Reims, puis touche les écrouelles selon l’antique usage. Chateaubriand, Hugo et Lamartine chantent la cérémonie ; Victor Hugo y verra plus tard une splendeur d’un autre âge. La liturgie de Clovis se déploie une dernière fois.

Restauration
183027-29 juillet 1830

Les Trois Glorieuses et la fin de la branche aînée

Trois semaines après la prise d’Alger, les ordonnances de Saint-Cloud suspendant la liberté de la presse et dissolvant la Chambre soulèvent Paris. Charles X abdique le 2 août à Rambouillet en faveur de son petit-fils, mais Louis-Philippe d’Orléans, nommé lieutenant général du royaume, se fait proclamer roi des Français le 9 août. La branche aînée des Bourbons reprend le chemin de l’exil.

Restauration
18366 novembre 1836

Mort de Charles X à Goritz

Après l'Écosse et Prague, le roi déchu s'était fixé dans cette petite ville du Frioul autrichien, où le choléra l’emporte à soixante-dix-neuf ans. Il repose au couvent de Castagnavizza, aujourd’hui en Slovénie, avec plusieurs des siens. Aucun roi de France n’a été inhumé à Saint-Denis depuis.

Postérité
18443 juin 1844

Mort du duc d’Angoulême

Fils aîné de Charles X et époux de Marie-Thérèse, la « Madame Royale » rescapée du Temple, Louis-Antoine avait abdiqué ses droits vingt minutes après son père, en 1830 ; les légitimistes le comptent sous le nom de Louis XIX. Il s'éteint à Goritz sans postérité. Son neveu Henri, comte de Chambord, devient le seul représentant de la branche aînée.

Postérité
184824 février 1848

Chute de Louis-Philippe

L'émeute parisienne contraint le roi des Français à abdiquer en faveur de son petit-fils, le comte de Paris ; la duchesse d’Orléans présente l’enfant à la Chambre, qui refuse et proclame la République. La monarchie disparaît de France après treize siècles et demi. Les deux branches, aînée et cadette, se retrouvent dans le même exil.

Postérité
18715 juillet 1871

Le manifeste du drapeau blanc

L’Assemblée élue en février compte une majorité monarchiste et la restauration paraît à portée de main. Depuis le château de Chambord, le prétendant fait savoir qu’il ne peut abandonner l'étendard blanc d’Henri IV et de Jeanne d’Arc pour le drapeau tricolore. « Je ne veux pas que le roi de France devienne le roi légitime de la Révolution », écrira-t-il plus tard à Chesnelong.

Postérité
1873

La fusion manquée

Le 5 août, le comte de Paris se rend à Frohsdorf reconnaître en Chambord le chef de la maison de France : les deux branches sont enfin réunies. Mais la lettre du 27 octobre à Chesnelong, publiée dans la presse, réaffirme l’intransigeance sur le drapeau. Le 20 novembre, l’Assemblée vote le septennat de Mac-Mahon, en attendant un roi qui ne viendra pas.

Postérité
187530 janvier 1875

L’amendement Wallon

Par une voix de majorité, l’Assemblée nationale adopte la formule qui nomme le président « de la République française » et rend celle-ci définitive faute d’avoir pu la remplacer. L’occasion monarchique de 1871 est perdue pour de bon. Les lois constitutionnelles votées dans les mois suivants organiseront un régime que ses auteurs croyaient provisoire.

Postérité
188324 août 1883

Mort du comte de Chambord

Henri d’Artois s'éteint à Frohsdorf, en Autriche, à soixante-deux ans, sans enfant. Avec lui disparaît le dernier descendant en ligne masculine directe de Louis XV et l’héritier que les légitimistes appelaient Henri V. La question dynastique se reporte alors sur les Orléans et sur la descendance espagnole de Philippe V, débat que les royalistes n’ont pas clos.

Postérité