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61 paroles sur la France, ses rois et sa vocation — de Grégoire IX à Bernanos, toutes vérifiées et sourcées.
Courbe la tête avec douceur, fier Sicambre : adore ce que tu as brûlé, brûle ce que tu as adoré.
De même qu’autrefois la tribu de Juda reçut d’en-haut une bénédiction toute spéciale parmi les autres fils du patriarche Jacob ; de même le Royaume de France est au-dessus de tous les autres peuples, couronné par Dieu lui-même de prérogatives extraordinaires.
Cher fils, la première chose que je t’enseigne, c’est que tu mettes ton cœur à aimer Dieu, car sans cela nul ne peut être sauvé.
Garde-toi de faire chose qui déplaise à Dieu, c’est-à-dire péché mortel, et tu devrais souffrir toutes les peines du monde plutôt que d’en commettre un seul.
Aie le cœur doux et compatissant envers les pauvres, les malheureux et les affligés, et console-les et aide-les selon ton pouvoir.
Cher fils, veille à faire droiture et justice à tous, au pauvre comme au riche.
Sois dévot et obéissant à notre mère la sainte Église et au souverain pontife, notre père le pape, et porte-lui révérence et honneur comme tu le dois à ton père spirituel.
Maintiens les bonnes coutumes de ton royaume et abats les mauvaises.
Le saint roi aima tant la vérité que, même aux Sarrasins, il ne voulut jamais manquer à ce qu’il leur avait promis.
Si je n’y suis, Dieu m’y veuille mettre ; et si j’y suis, Dieu m’y veuille tenir.
De l’amour ou de la haine que Dieu a pour les Anglais, je ne sais rien ; mais je sais bien qu’ils seront boutés hors de France, excepté ceux qui y mourront.
Rendez à la Pucelle, ici envoyée de par Dieu le roi du Ciel, les clefs de toutes les bonnes villes que vous avez prises et violées en France.
Il avait été à la peine, c'était bien raison qu’il fût à l’honneur.
Les gens d’armes batailleront et Dieu donnera la victoire.
Entre tous les hommes que j’ai jamais connus, le plus sage pour se tirer d’un mauvais pas au temps de l’adversité, ce fut le roi Louis XI, notre maître.
Dieu n’a créé aucune chose en ce monde, ni homme ni bête, à laquelle il n’ait fait quelque chose de contraire, pour la tenir en humilité et en crainte.
À la France, Dieu a donné les Anglais pour adversaires ; aux Anglais, les Écossais ; à l’Espagne, le Portugal.
Faire une loi et ne pas la faire exécuter, c’est autoriser la chose que l’on veut défendre.
Le trône royal n’est pas le trône d’un homme, mais le trône de Dieu même.
Les princes agissent donc comme ministres de Dieu et ses lieutenants sur la terre.
Ô rois, exercez hardiment votre puissance, car elle est divine et salutaire au genre humain ; mais exercez-la avec humilité.
La monarchie est la forme de gouvernement la plus commune, la plus ancienne et aussi la plus naturelle.
Le prince ne doit rendre compte à personne de ce qu’il ordonne.
Celui qui règne dans les cieux, et de qui relèvent tous les empires, à qui seul appartient la gloire, la majesté et l’indépendance, est aussi le seul qui se glorifie de faire la loi aux rois, et de leur donner, quand il lui plaît, de grandes et de terribles leçons.
Ô nuit désastreuse ! ô nuit effroyable, où retentit tout à coup, comme un éclat de tonnerre, cette étonnante nouvelle : Madame se meurt, Madame est morte !
Le métier de roi est grand, noble et délicieux quand on se sent digne de bien s’acquitter de toutes les choses auxquelles il engage.
Celui qui a donné des rois aux hommes a voulu qu’on les respectât comme ses lieutenants, se réservant à lui seul le droit d’examiner leur conduite.
La fonction des rois consiste principalement à laisser agir le bon sens, qui agit toujours naturellement et sans peine.
Mon enfant, vous allez être un grand roi. Ne m’imitez pas dans le goût que j’ai eu pour les bâtiments, ni dans celui que j’ai eu pour la guerre. Soulagez vos peuples le plus tôt que vous le pourrez.
Vos peuples, que vous devriez aimer comme vos enfants, et qui ont été jusqu’ici si passionnés pour vous, meurent de faim.
La France entière n’est plus qu’un grand hôpital désolé et sans provisions.
Vous êtes né, Sire, avec un cœur droit et équitable ; mais ceux qui vous ont élevé ne vous ont donné pour science de gouverner que la défiance, la jalousie, l'éloignement de la vertu.
Vous n’aimez point Dieu ; vous ne le craignez même que d’une crainte d’esclave.
Il aimait en tout la splendeur, la magnificence, la profusion. Ce goût, il le tourna en maxime par politique, et l’inspira en tout à sa cour.
Versailles, le plus triste et le plus ingrat de tous les lieux, sans vue, sans bois, sans eau, sans terre.
Je meurs dans l’union de notre sainte mère l'Église catholique, apostolique et romaine, dans laquelle je suis né et élevé, et dans laquelle j’ai toujours fait profession.
Je recommande à mon fils, s’il avait le malheur de devenir roi, de songer qu’il se doit tout entier au bonheur de ses concitoyens.
Je pardonne de tout mon cœur à ceux qui se sont faits mes ennemis sans que je leur en aie donné aucun sujet.
Je meurs innocent de tous les crimes qu’on m’impute. Je pardonne aux auteurs de ma mort et je prie Dieu que le sang que vous allez répandre ne retombe jamais sur la France.
Français, et vous surtout Parisiens, vous habitants d’une ville que les ancêtres de Sa Majesté se plaisaient à appeler la bonne ville de Paris, méfiez-vous des suggestions et des mensonges de vos faux amis.
Le rétablissement de la monarchie, qu’on appelle contre-révolution, ne sera point une révolution contraire, mais le contraire de la révolution.
La Révolution française mène les hommes plus que les hommes ne la mènent.
La constitution de 1795, tout comme ses aînées, est faite pour l’homme. Or il n’y a point d’homme dans le monde.
Toute nation a le gouvernement qu’elle mérite.
Toute grandeur, toute puissance, toute subordination repose sur l’exécuteur : il est l’horreur et le lien de l’association humaine.
De toutes les religions qui ont jamais existé, la religion chrétienne est la plus poétique, la plus humaine, la plus favorable à la liberté, aux arts et aux lettres.
Madame, votre fils est mon roi.
L’aristocratie a trois âges successifs : l'âge des supériorités, l'âge des privilèges, l'âge des vanités ; sortie du premier, elle dégénère dans le second et s'éteint dans le dernier.
Je me suis rencontré entre deux siècles comme au confluent de deux fleuves ; j’ai plongé dans leurs eaux troublées, m'éloignant à regret du vieux rivage où j'étais né, nageant avec espérance vers une rive inconnue.
Entre le fort et le faible, entre le riche et le pauvre, entre le maître et le serviteur, c’est la liberté qui opprime et la loi qui affranchit.
La République une et indivisible, notre royaume de France.
Tout commence en mystique et finit en politique.
Il faut que France, il faut que chrétienté continue.
Une paix trop douce pour ce qu’elle a de dur, trop dure pour ce qu’elle a de doux.
Rien n’est perdu avec la paix ; tout peut l'être avec la guerre.
Peuple, et multitude amorphe ou, comme on l’appelle, masse, sont deux concepts différents.
On ne comprend absolument rien à la civilisation moderne si l’on n’admet pas d’abord qu’elle est une conspiration universelle contre toute espèce de vie intérieure.
Un monde gagné pour la Technique est perdu pour la Liberté.
L’espérance est un risque à courir, c’est même le risque des risques.
Qu’est-ce que cela fait ? Tout est grâce.
La démocratie comporte toujours une forme d’incomplétude, car elle ne se suffit pas à elle-même. Il y a dans le processus démocratique et dans son fonctionnement un absent. Dans la politique française, cet absent est la figure du Roi, dont je pense fondamentalement que le peuple français n’a pas voulu la mort. La Terreur a creusé un vide émotionnel, imaginaire, collectif : le Roi n’est plus là ! On a essayé ensuite de réinvestir ce vide, d’y placer d’autres figures : ce sont les moments napoléonien et gaulliste, notamment. Le reste du temps, la démocratie française ne remplit pas l’espace. On le voit bien avec l’interrogation permanente sur la figure présidentielle, qui vaut depuis le départ du général de Gaulle. Après lui, la normalisation de la figure présidentielle a réinstallé un siège vide au cœur de la vie politique. Pourtant, ce qu’on attend du président de la République, c’est qu’il occupe cette fonction. Tout s’est construit sur ce malentendu.