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Royaume de FranceMontjoie ! Saint Denis !

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61 paroles sur la France, ses rois et sa vocation — de Grégoire IX à Bernanos, toutes vérifiées et sourcées.

Courbe la tête avec douceur, fier Sicambre : adore ce que tu as brûlé, brûle ce que tu as adoré.

Saint Remi Paroles au baptême de Clovis, rapportées par Grégoire de Tours, Histoire des Francs, livre II

De même qu’autrefois la tribu de Juda reçut d’en-haut une bénédiction toute spéciale parmi les autres fils du patriarche Jacob ; de même le Royaume de France est au-dessus de tous les autres peuples, couronné par Dieu lui-même de prérogatives extraordinaires.

Grégoire IX Lettre au roi saint Louis, 21 octobre 1239

Cher fils, la première chose que je t’enseigne, c’est que tu mettes ton cœur à aimer Dieu, car sans cela nul ne peut être sauvé.

Saint Louis Enseignements à son fils Philippe, rapportés par Joinville, Vie de saint Louis

Garde-toi de faire chose qui déplaise à Dieu, c’est-à-dire péché mortel, et tu devrais souffrir toutes les peines du monde plutôt que d’en commettre un seul.

Saint Louis Enseignements à son fils Philippe, rapportés par Joinville, Vie de saint Louis

Aie le cœur doux et compatissant envers les pauvres, les malheureux et les affligés, et console-les et aide-les selon ton pouvoir.

Saint Louis Enseignements à son fils Philippe, rapportés par Joinville, Vie de saint Louis

Cher fils, veille à faire droiture et justice à tous, au pauvre comme au riche.

Saint Louis Enseignements à son fils Philippe, rapportés par Joinville, Vie de saint Louis

Sois dévot et obéissant à notre mère la sainte Église et au souverain pontife, notre père le pape, et porte-lui révérence et honneur comme tu le dois à ton père spirituel.

Saint Louis Enseignements à son fils Philippe, rapportés par Joinville, Vie de saint Louis

Maintiens les bonnes coutumes de ton royaume et abats les mauvaises.

Saint Louis Enseignements à son fils Philippe, rapportés par Joinville, Vie de saint Louis

Le saint roi aima tant la vérité que, même aux Sarrasins, il ne voulut jamais manquer à ce qu’il leur avait promis.

Jean de Joinville Vie de saint Louis

Si je n’y suis, Dieu m’y veuille mettre ; et si j’y suis, Dieu m’y veuille tenir.

Jeanne d’Arc Réponse à la question de savoir si elle se savait en la grâce de Dieu, procès de condamnation, 24 février 1431

De l’amour ou de la haine que Dieu a pour les Anglais, je ne sais rien ; mais je sais bien qu’ils seront boutés hors de France, excepté ceux qui y mourront.

Jeanne d’Arc Procès de condamnation, mars 1431

Rendez à la Pucelle, ici envoyée de par Dieu le roi du Ciel, les clefs de toutes les bonnes villes que vous avez prises et violées en France.

Jeanne d’Arc Lettre aux Anglais, 22 mars 1429

Il avait été à la peine, c'était bien raison qu’il fût à l’honneur.

Jeanne d’Arc Réponse touchant son étendard porté au sacre de Reims, procès de condamnation, 1431

Les gens d’armes batailleront et Dieu donnera la victoire.

Jeanne d’Arc Propos rapporté par ses compagnons au procès en nullité de la condamnation, 1456

Entre tous les hommes que j’ai jamais connus, le plus sage pour se tirer d’un mauvais pas au temps de l’adversité, ce fut le roi Louis XI, notre maître.

Philippe de Commynes Mémoires, livre I

Dieu n’a créé aucune chose en ce monde, ni homme ni bête, à laquelle il n’ait fait quelque chose de contraire, pour la tenir en humilité et en crainte.

Philippe de Commynes Mémoires, livre V

À la France, Dieu a donné les Anglais pour adversaires ; aux Anglais, les Écossais ; à l’Espagne, le Portugal.

Philippe de Commynes Mémoires, livre V

Faire une loi et ne pas la faire exécuter, c’est autoriser la chose que l’on veut défendre.

Cardinal de Richelieu Testament politique, publié en 1688

Le trône royal n’est pas le trône d’un homme, mais le trône de Dieu même.

Bossuet Politique tirée des propres paroles de l'Écriture sainte, livre III, 1709

Les princes agissent donc comme ministres de Dieu et ses lieutenants sur la terre.

Bossuet Politique tirée des propres paroles de l'Écriture sainte, livre IV, 1709

Ô rois, exercez hardiment votre puissance, car elle est divine et salutaire au genre humain ; mais exercez-la avec humilité.

Bossuet Politique tirée des propres paroles de l'Écriture sainte, livre V, 1709

La monarchie est la forme de gouvernement la plus commune, la plus ancienne et aussi la plus naturelle.

Bossuet Politique tirée des propres paroles de l'Écriture sainte, livre II, 1709

Le prince ne doit rendre compte à personne de ce qu’il ordonne.

Bossuet Politique tirée des propres paroles de l'Écriture sainte, livre IV, 1709

Celui qui règne dans les cieux, et de qui relèvent tous les empires, à qui seul appartient la gloire, la majesté et l’indépendance, est aussi le seul qui se glorifie de faire la loi aux rois, et de leur donner, quand il lui plaît, de grandes et de terribles leçons.

Bossuet Oraison funèbre d’Henriette-Marie de France, reine de la Grande-Bretagne, 1669

Ô nuit désastreuse ! ô nuit effroyable, où retentit tout à coup, comme un éclat de tonnerre, cette étonnante nouvelle : Madame se meurt, Madame est morte !

Bossuet Oraison funèbre d’Henriette d’Angleterre, duchesse d’Orléans, 1670

Le métier de roi est grand, noble et délicieux quand on se sent digne de bien s’acquitter de toutes les choses auxquelles il engage.

Louis XIV Mémoires pour l’instruction du Dauphin

Celui qui a donné des rois aux hommes a voulu qu’on les respectât comme ses lieutenants, se réservant à lui seul le droit d’examiner leur conduite.

Louis XIV Mémoires pour l’instruction du Dauphin

La fonction des rois consiste principalement à laisser agir le bon sens, qui agit toujours naturellement et sans peine.

Louis XIV Mémoires pour l’instruction du Dauphin

Mon enfant, vous allez être un grand roi. Ne m’imitez pas dans le goût que j’ai eu pour les bâtiments, ni dans celui que j’ai eu pour la guerre. Soulagez vos peuples le plus tôt que vous le pourrez.

Louis XIV Paroles au futur Louis XV, rapportées par le marquis de Dangeau, 26 août 1715

Vos peuples, que vous devriez aimer comme vos enfants, et qui ont été jusqu’ici si passionnés pour vous, meurent de faim.

Fénelon Lettre à Louis XIV

La France entière n’est plus qu’un grand hôpital désolé et sans provisions.

Fénelon Lettre à Louis XIV

Vous êtes né, Sire, avec un cœur droit et équitable ; mais ceux qui vous ont élevé ne vous ont donné pour science de gouverner que la défiance, la jalousie, l'éloignement de la vertu.

Fénelon Lettre à Louis XIV

Vous n’aimez point Dieu ; vous ne le craignez même que d’une crainte d’esclave.

Fénelon Lettre à Louis XIV

Il aimait en tout la splendeur, la magnificence, la profusion. Ce goût, il le tourna en maxime par politique, et l’inspira en tout à sa cour.

Saint-Simon Mémoires, portrait de Louis XIV

Versailles, le plus triste et le plus ingrat de tous les lieux, sans vue, sans bois, sans eau, sans terre.

Saint-Simon Mémoires

Je meurs dans l’union de notre sainte mère l'Église catholique, apostolique et romaine, dans laquelle je suis né et élevé, et dans laquelle j’ai toujours fait profession.

Louis XVI Testament, 25 décembre 1792

Je recommande à mon fils, s’il avait le malheur de devenir roi, de songer qu’il se doit tout entier au bonheur de ses concitoyens.

Louis XVI Testament, 25 décembre 1792

Je pardonne de tout mon cœur à ceux qui se sont faits mes ennemis sans que je leur en aie donné aucun sujet.

Louis XVI Testament, 25 décembre 1792

Je meurs innocent de tous les crimes qu’on m’impute. Je pardonne aux auteurs de ma mort et je prie Dieu que le sang que vous allez répandre ne retombe jamais sur la France.

Louis XVI Paroles à l'échafaud, rapportées par l’abbé Edgeworth de Firmont, 21 janvier 1793

Français, et vous surtout Parisiens, vous habitants d’une ville que les ancêtres de Sa Majesté se plaisaient à appeler la bonne ville de Paris, méfiez-vous des suggestions et des mensonges de vos faux amis.

Louis XVI Déclaration à tous les Français, 20 juin 1791

Le rétablissement de la monarchie, qu’on appelle contre-révolution, ne sera point une révolution contraire, mais le contraire de la révolution.

Joseph de Maistre Considérations sur la France, chapitre X

La Révolution française mène les hommes plus que les hommes ne la mènent.

Joseph de Maistre Considérations sur la France, chapitre I

La constitution de 1795, tout comme ses aînées, est faite pour l’homme. Or il n’y a point d’homme dans le monde.

Joseph de Maistre Considérations sur la France, chapitre VI

Toute nation a le gouvernement qu’elle mérite.

Joseph de Maistre Lettre du 27 août 1811, Lettres et opuscules inédits

Toute grandeur, toute puissance, toute subordination repose sur l’exécuteur : il est l’horreur et le lien de l’association humaine.

Joseph de Maistre Les Soirées de Saint-Pétersbourg, premier entretien

De toutes les religions qui ont jamais existé, la religion chrétienne est la plus poétique, la plus humaine, la plus favorable à la liberté, aux arts et aux lettres.

Chateaubriand Génie du christianisme

Madame, votre fils est mon roi.

Chateaubriand Lettre à la duchesse de Berry, rapportée dans les Mémoires d’outre-tombe

L’aristocratie a trois âges successifs : l'âge des supériorités, l'âge des privilèges, l'âge des vanités ; sortie du premier, elle dégénère dans le second et s'éteint dans le dernier.

Chateaubriand Mémoires d’outre-tombe

Je me suis rencontré entre deux siècles comme au confluent de deux fleuves ; j’ai plongé dans leurs eaux troublées, m'éloignant à regret du vieux rivage où j'étais né, nageant avec espérance vers une rive inconnue.

Chateaubriand Mémoires d’outre-tombe, préface testamentaire

Entre le fort et le faible, entre le riche et le pauvre, entre le maître et le serviteur, c’est la liberté qui opprime et la loi qui affranchit.

Henri-Dominique Lacordaire Conférences de Notre-Dame de Paris, 52e conférence

La République une et indivisible, notre royaume de France.

Charles Péguy Notre jeunesse

Tout commence en mystique et finit en politique.

Charles Péguy Notre jeunesse

Il faut que France, il faut que chrétienté continue.

Charles Péguy Le Mystère de la charité de Jeanne d’Arc

Une paix trop douce pour ce qu’elle a de dur, trop dure pour ce qu’elle a de doux.

Jacques Bainville Les Conséquences politiques de la paix

Rien n’est perdu avec la paix ; tout peut l'être avec la guerre.

Pie XII Radiomessage aux gouvernants et aux peuples, 24 août 1939

Peuple, et multitude amorphe ou, comme on l’appelle, masse, sont deux concepts différents.

Pie XII Radiomessage de Noël Benignitas et humanitas, 24 décembre 1944

On ne comprend absolument rien à la civilisation moderne si l’on n’admet pas d’abord qu’elle est une conspiration universelle contre toute espèce de vie intérieure.

Georges Bernanos Les Grands Cimetières sous la lune

Un monde gagné pour la Technique est perdu pour la Liberté.

Georges Bernanos La France contre les robots

L’espérance est un risque à courir, c’est même le risque des risques.

Georges Bernanos La Liberté, pour quoi faire ?

Qu’est-ce que cela fait ? Tout est grâce.

Georges Bernanos Journal d’un curé de campagne

La démocratie comporte toujours une forme d’incomplétude, car elle ne se suffit pas à elle-même. Il y a dans le processus démocratique et dans son fonctionnement un absent. Dans la politique française, cet absent est la figure du Roi, dont je pense fondamentalement que le peuple français n’a pas voulu la mort. La Terreur a creusé un vide émotionnel, imaginaire, collectif : le Roi n’est plus là ! On a essayé ensuite de réinvestir ce vide, d’y placer d’autres figures : ce sont les moments napoléonien et gaulliste, notamment. Le reste du temps, la démocratie française ne remplit pas l’espace. On le voit bien avec l’interrogation permanente sur la figure présidentielle, qui vaut depuis le départ du général de Gaulle. Après lui, la normalisation de la figure présidentielle a réinstallé un siège vide au cœur de la vie politique. Pourtant, ce qu’on attend du président de la République, c’est qu’il occupe cette fonction. Tout s’est construit sur ce malentendu.

Emmanuel Macron Entretien à l’hebdomadaire Le 1, n° 64, juillet 2015, en réponse à la question : « La démocratie est-elle forcément déceptive ? »