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Royaume de FranceMontjoie ! Saint Denis !

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Questions fréquentes

Combien de rois ? Pourquoi Reims ? Qu’est-ce que la loi salique ?
Les réponses aux questions que tout le monde se pose.

Combien y a-t-il eu de rois de France ?

Le chiffre dépend de l’endroit où l’on fait commencer la France. De Hugues Capet, élu en 987, à Charles X, qui abdiqua en 1830, trente-six princes ont porté le titre de roi de France : quinze Capétiens directs, treize Valois et huit Bourbons, si l’on compte parmi eux le petit Louis XVII, qui régna sans jamais gouverner. Si l’on remonte à Clovis et que l’on additionne les Mérovingiens et les Carolingiens, on approche la soixantaine, sans qu’aucun décompte fasse autorité, tant les partages de royaumes francs brouillent les listes. En ajoutant Louis-Philippe, qui fut roi des Français et non roi de France, la monarchie française aura duré près de treize siècles et demi, de 481 à 1848.

Qui fut le premier roi de France ?

La tradition donne Clovis, roi des Francs de 481 à 511, parce qu’il unifia la Gaule franque et reçut à Reims, des mains de saint Remi, le baptême catholique qui fit de sa couronne une couronne chrétienne. Juridiquement, pourtant, Clovis fut roi des Francs, non roi de France : le titre de rex Franciae, roi d’un territoire et non plus d’un peuple, ne s’impose dans la chancellerie qu'à partir de Philippe Auguste, vers 1190. Une troisième réponse est possible : Hugues Capet, élu à Senlis en 987, dont la descendance masculine allait donner tous les souverains français jusqu’en 1848. Chacune de ces trois dates est juste dans son ordre : le baptême fonde la vocation, le titre fixe le droit, la dynastie assure la durée.

Qui fut le dernier roi de France ?

Charles X, frère cadet de Louis XVI, fut le dernier roi de France au sens plein du terme : dernier à porter ce titre, dernier à recevoir l’onction dans la cathédrale de Reims, le 29 mai 1825, et dernier à toucher les écrouelles. Chassé par les Trois Glorieuses, il abdiqua le 2 août 1830 en faveur de son petit-fils, le duc de Bordeaux, et mourut en exil à Goritz en 1836. Lui succéda son cousin Louis-Philippe d’Orléans, qui prit le titre nouveau de roi des Français et régna jusqu'à la révolution de février 1848 : il fut donc le dernier roi à régner en France, mais non le dernier roi de France. Le dernier monarque, tous titres confondus, demeure l’empereur Napoléon III, renversé le 4 septembre 1870.

Pourquoi les rois de France étaient-ils sacrés à Reims ?

Parce que Clovis y avait été baptisé par saint Remi, aux alentours de l’an 496, et que le sacre voulut être, à chaque règne, la répétition de ce baptême fondateur. Le lien fut solennisé au IXe siècle par l’archevêque Hincmar, qui fit de son siège le gardien de la sainte ampoule et revendiqua pour lui le privilège d’oindre les rois. De Louis VIII, en 1223, à Charles X, en 1825, vingt-cinq souverains furent sacrés sous les voûtes de la cathédrale gothique, avec de rares exceptions imposées par les circonstances : Louis VI à Orléans en 1108, Henri IV à Chartres en 1594, Reims étant alors aux mains de la Ligue. Reims ne fut jamais capitale politique ; elle fut la capitale spirituelle du royaume, ce qui, dans l’ordre monarchique, importait davantage.

Qu’est-ce que la loi salique ?

La loi salique est, à l’origine, le code des Francs saliens rédigé sous Clovis au début du VIe siècle ; un de ses articles, De alodis, écarte les femmes de l’héritage de la terre salique. Ce texte n’avait rien à voir avec la couronne, et les successions de 1316 et de 1328, qui écartèrent d’abord Jeanne, fille de Louis X, puis Édouard III d’Angleterre, furent tranchées par les grands du royaume avant d'être justifiées en droit. C’est vers le milieu du XIVe siècle, quand le moine Richard Lescot exhuma le vieux manuscrit, que les juristes français en firent l’argument décisif contre les prétentions anglaises. La loi salique devint ainsi la première des lois fondamentales du royaume : la couronne passe de mâle en mâle, par ordre de primogéniture, sans que les femmes puissent ni régner ni transmettre le droit de régner.

Pourquoi la France est-elle appelée la fille aînée de l'Église ?

Parce que Clovis fut, au baptistère de Reims, le premier roi barbare à embrasser la foi catholique et non l’arianisme, donnant à l'Église un royaume tout entier alors que l’Occident lui échappait. De cette antériorité naquit une longue faveur pontificale : les papes appelaient le royaume regnum christianissimum, et le titre de Roi Très Chrétien fut définitivement attaché à la couronne de France au XVe siècle. L’expression même de « fille aînée de l'Église », dans sa forme actuelle, ne s’est répandue qu’au XIXe siècle, notamment sous la plume du dominicain Lacordaire, avant d'être reprise par les papes ; elle condense une réalité bien plus ancienne. Jean-Paul II la rappela au Bourget, le 1er juin 1980, en demandant à la France si elle était fidèle aux promesses de son baptême.

Qu’est-ce que la sainte ampoule ?

C'était une petite fiole de verre, conservée à l’abbaye Saint-Remi de Reims, où reposait un baume dont on oignait le roi au jour de son sacre. Selon le récit que donne Hincmar au IXe siècle, une colombe l’avait apportée du ciel pour le baptême de Clovis, le chrême manquant dans la foule : la tradition est légendaire et rien ne l’atteste avant Hincmar, quatre siècles après les faits. Il n’empêche que l’onction faite de ce baume, mêlé au saint chrême, distinguait le roi de France de tous les autres souverains et faisait de lui un personnage quasi sacerdotal. Le 7 octobre 1793, le conventionnel Rühl brisa l’ampoule à Reims ; des fragments sauvés par des fidèles servirent encore, en 1825, à l’onction de Charles X.

Quelle est la différence entre roi de France et roi des Français ?

Le roi de France l’est par la grâce de Dieu et par les lois fondamentales du royaume : sa légitimité vient d’en haut et de l’hérédité, non d’un mandat, et son titre le rattache à une terre. Le roi des Français, au contraire, tient sa couronne de la nation, qui la lui confie et peut la lui reprendre : le titre exprime une souveraineté nationale, non une souveraineté transmise. Il fut porté deux fois seulement : par Louis XVI, contraint de l’accepter avec la Constitution de 1791, puis par Louis-Philippe de 1830 à 1848. On ne confondra pas cette formule avec le rex Francorum des Mérovingiens et des premiers Capétiens, qui désignait le roi d’un peuple et non le mandataire d’une nation.

Pourquoi la fleur de lys est-elle l’emblème des rois de France ?

Une légende, tardive et invérifiable, veut qu’un ange ait remis à Clovis trois lys d’or pour remplacer les crapauds de ses armes ; l’histoire, elle, ne rencontre la fleur de lys royale qu’au XIIe siècle, sur le sceau de Louis VII et sur les vitraux de Suger. Le lys est d’abord un symbole marial, emblème de pureté et de lumière : l’adopter, c'était placer la couronne sous la protection de la Vierge, à qui Louis XIII devait plus tard consacrer solennellement le royaume. Les premières armes de France sont d’azur semé de fleurs de lys d’or, sans nombre ; c’est sous Charles V, vers 1376, que le semis se réduit à trois fleurs, en l’honneur de la Trinité. On distingue depuis lors la « France ancienne », au semis, et la « France moderne », aux trois lys.

Qui sont les prétendants au trône de France aujourd’hui ?

Deux princes sont aujourd’hui présentés comme héritiers du trône, chacun par une école de pensée distincte. Les légitimistes reconnaissent Louis de Bourbon, duc d’Anjou, né en 1974, aîné des Capétiens par les mâles et descendant de Philippe V d’Espagne, petit-fils de Louis XIV ; ils tiennent pour nulles les renonciations d’Utrecht de 1713, la couronne étant selon eux indisponible, c’est-à-dire hors du pouvoir de quiconque, fût-ce du roi. Les orléanistes reconnaissent Jean d’Orléans, comte de Paris, né en 1965, descendant de Louis-Philippe et donc de Philippe d’Orléans, frère de Louis XIV ; ils jugent les renonciations valides et rappellent l’exigence coutumière de nationalité française. Le débat est ancien, courtois dans ses meilleures expressions, et n’a jamais reçu d’arbitrage institutionnel depuis 1830.

Combien de temps a régné Louis XIV ?

Soixante-douze ans et cent dix jours, du 14 mai 1643 au 1er septembre 1715 : c’est le règne le plus long de l’histoire européenne. Louis XIV n’avait pas cinq ans à la mort de son père et gouverna d’abord sous la régence d’Anne d’Autriche et le ministériat de Mazarin ; son règne personnel ne commence qu’au lendemain de la mort du cardinal, le 9 mars 1661, et dura tout de même cinquante-quatre ans. Cette longévité lui coûta sa descendance directe : il vit mourir son fils, le Grand Dauphin, puis son petit-fils le duc de Bourgogne et l’aîné de ses arrière-petits-fils. Ce fut donc un enfant de cinq ans, son arrière-petit-fils, qui lui succéda sous le nom de Louis XV.

Qu’est-ce que le miracle capétien ?

On appelle ainsi le fait, sans équivalent dans l’Europe monarchique, que de Hugues Capet en 987 à Louis X en 1316, chaque roi de France ait laissé un fils pour lui succéder — soit treize règnes et trois cent vingt-neuf ans de transmission directe de père en fils. Cette continuité biologique donna à la dynastie une légitimité que nulle élection ne pouvait plus contester, et enracina l’idée que la couronne était héréditaire de plein droit. Les premiers Capétiens, prudents, faisaient sacrer leur héritier de leur vivant ; Philippe Auguste, assez sûr de sa maison, fut le dernier à avoir été ainsi associé au trône. L’expression est due aux historiens modernes et relève de la lecture du passé, mais les contemporains y voyaient déjà, sans détour, un signe de la faveur divine.

Que sont devenus les regalia, la couronne et les joyaux de la Couronne ?

Les regalia — couronne dite de Charlemagne, épée Joyeuse, sceptre, main de justice, éperons — étaient conservés au trésor de l’abbaye de Saint-Denis, d’où on les tirait pour chaque sacre. La Convention en envoya la plus grande part à la fonte en 1793 et 1794, ne préservant que ce qui pouvait entrer dans un cabinet de curiosités. Subsistent aujourd’hui au Louvre l'épée Joyeuse, portée depuis le XIIIe siècle au sacre, le sceptre de Charles V, la main de justice et la couronne du sacre de Louis XV, dont les pierres furent remplacées par des verres colorés. Quant aux diamants de la Couronne, dispersés par la vente de 1887 décidée par la Troisième République, seul un petit nombre revint plus tard dans les collections nationales ; le Régent, lui, avait été retiré de la vente et n’a jamais quitté le Louvre.

Où sont enterrés les rois de France ?

À la basilique Saint-Denis, nécropole royale depuis les Mérovingiens, où reposèrent quarante-trois rois, trente-deux reines et des dizaines de princes du sang. Les tombeaux furent violés en octobre 1793 sur ordre de la Convention, les corps jetés dans deux fosses communes avec de la chaux ; Louis XVIII fit rassembler en 1817 ce qu’on put recueillir de ces restes mêlés, aujourd’hui déposés dans l’ossuaire de la crypte. Il fit aussi transférer à Saint-Denis, le 21 janvier 1815, les dépouilles de Louis XVI et de Marie-Antoinette exhumées du cimetière de la Madeleine, et fut lui-même, en 1824, le dernier roi inhumé dans la basilique. Quelques souverains reposent ailleurs : Louis XI à Cléry, Charles X à Kostanjevica, en Slovénie actuelle, et Louis-Philippe dans la chapelle royale de Dreux.

Qui était roi de France du temps de Jeanne d’Arc ?

Jeanne naquit à Domrémy vers 1412, sous le règne de Charles VI, dont la folie livrait le royaume aux factions et prépara le désastreux traité de Troyes de 1420, qui déshéritait le dauphin au profit du roi d’Angleterre. C’est ce dauphin, devenu Charles VII à la mort de son père en 1422 mais réduit aux provinces du sud de la Loire et raillé sous le nom de « roi de Bourges », qu’elle vint trouver à Chinon au début de mars 1429. Sa mission avait deux objets : délivrer Orléans, ce qu’elle fit le 8 mai, et mener le roi à Reims pour l’y faire sacrer, ce qu’elle obtint le 17 juillet suivant. L’onction transforma le prince contesté en roi légitime aux yeux du royaume, et Charles VII mourut « le Victorieux », l’Anglais chassé de tout le territoire hormis Calais.

Qu’est-ce qu’un dauphin de France ?

Le dauphin est l’héritier présomptif de la couronne, fils aîné du roi ou, à défaut, aîné de la lignée appelée à régner. Le titre vient du Dauphiné, principauté dont les seigneurs portaient le surnom de Dauphin et le dauphin dans leurs armes ; en 1349, le dernier d’entre eux, Humbert II, vendit sa terre au roi de France à la condition que l’héritier du trône en portât désormais le nom. Le premier à le faire fut le futur Charles V, et le dernier le fils de Charles X, le duc d’Angoulême. Le titre n’est pas seulement honorifique : il désigne celui en qui la continuité dynastique est déjà présente, selon l’adage selon lequel le roi ne meurt jamais.

Le roi de France pouvait-il vraiment tout faire ?

Non : la monarchie française était absolue, non arbitraire, et la distinction est capitale. Absolu signifiait délié des lois positives édictées par ses prédécesseurs, non délié de toute loi ; le roi restait tenu par la loi divine et naturelle, par les lois fondamentales du royaume — hérédité, primogéniture masculine, indisponibilité de la couronne, catholicité du souverain, inaliénabilité du domaine —, qu’il ne pouvait ni changer ni suspendre. Il se heurtait en outre aux coutumes provinciales, aux privilèges des villes et des corps, aux états provinciaux, aux remontrances des parlements chargés d’enregistrer ses édits. Bossuet lui-même, théoricien du pouvoir de droit divin, écrivait que le prince doit compte à Dieu de son gouvernement : l’absolutisme fut une doctrine de la responsabilité autant que de la puissance.

Qu’est-ce que le toucher des écrouelles ?

Les écrouelles étaient des adénites tuberculeuses du cou, maladie disgracieuse et souvent bénigne, dont les rois de France passaient pour obtenir la guérison en imposant les mains. L’usage est attesté depuis Robert le Pieux et Philippe Ier, au XIe siècle, et devint un rite fixe accompli au lendemain du sacre puis aux grandes fêtes de l’année, le roi traçant un signe de croix sur les plaies et prononçant la formule : « Le roi te touche, Dieu te guérit », que les derniers Bourbons prononcèrent plus prudemment au subjonctif. Louis XVI toucha près de deux mille quatre cents malades après son sacre de 1775. Charles X, en 1825, renouvela le geste devant cent vingt et un malades : ce fut la dernière fois qu’un roi de France exerça ce pouvoir thaumaturgique, magistralement étudié par Marc Bloch.

Pourquoi Louis XVIII et non Louis XVII ?

Parce que Louis XVII a bien existé : c'était Louis-Charles, second fils de Louis XVI, devenu dauphin en 1789 à la mort de son frère aîné, et reconnu roi par les royalistes et les cours étrangères dès l’exécution de son père, le 21 janvier 1793. Il ne régna jamais : prisonnier au Temple, séparé de sa mère, il y mourut le 8 juin 1795, à dix ans. Son oncle, le comte de Provence, régent depuis 1793, se proclama alors roi sous le nom de Louis XVIII, respectant ainsi le numéro d’un neveu qui n’avait porté la couronne que dans les cœurs. Les analyses génétiques pratiquées en 2000 sur le cœur conservé de l’enfant du Temple ont confirmé son identité et clos deux siècles de fables sur une prétendue évasion.

Que signifie la formule « Le roi est mort, vive le roi ! » ?

Elle exprime le principe de continuité dynastique : la couronne ne connaît pas d’interruption, et l’héritier devient roi à l’instant même où son prédécesseur expire, sans attendre ni élection, ni sacre, ni couronnement. Le cri était poussé par le grand maître de la maison du roi à l’issue des funérailles à Saint-Denis, quand on brisait les bâtons des officiers pour marquer la fin d’un service et le commencement d’un autre. Les juristes du royaume l'énonçaient plus sèchement : le mort saisit le vif. Ce principe, corollaire de l’hérédité et de l’indisponibilité de la couronne, protégeait la France des vacances de pouvoir et des guerres de succession qui déchirèrent tant de monarchies électives.