-
1Quel principe de droit public fonde toute l’organisation judiciaire du royaume ?
Aucun tribunal du royaume, fût-il seigneurial ou ecclésiastique, ne rend la justice autrement qu’en vertu d’une délégation royale.
-
2À quoi les serments du sacre engagent-ils le roi avant toute chose ?
Avec le maintien de la paix de l’Église et la répression des injustices. Le roi de France n’est pas d’abord un législateur ni un chef de guerre : il est le juge suprême de son peuple.
-
3Qu’est-ce que la justice retenue ?
Exercée en personne ou par son Conseil, elle casse les arrêts, évoque les causes et gracie les condamnés. Elle tranche ce qu’aucune autre autorité ne peut trancher.
-
4Où se lit la distinction entre justice retenue et justice déléguée ?
Les arrêts des cours souveraines s’expédient sous la forme « Extrait des registres du Parlement » ; ceux du Conseil parlent au nom du roi lui-même.
-
5Comment s’appellent les juridictions royales de premier degré, au nord et au midi ?
On y trouve les lieutenants généraux et criminels. En dessous s’étagent les prévôtés et les justices seigneuriales, haute, moyenne et basse.
-
6Qu’Henri II ajouta-t-il à cet édifice, en 1552 ?
Juridictions intermédiaires destinées à juger en dernier ressort les affaires modestes, pour épargner aux plaideurs la ruine des longs appels.
-
7Qui peut réformer un arrêt de parlement ?
C’est ce que signifie le mot « souveraine » appliqué à ces cours : au-dessus d’elles, il n’y a plus que le roi.
-
8Qui a laissé le témoignage direct du roi rendant la justice sous un chêne ?
Il l’avait servi et suivi outre-mer. La scène n’est pas une allégorie de commande : c’est un témoignage, et c’est aussi un programme.
-
9Quelle institution saint Louis créa-t-il contre ses propres agents ?
Chargés de recevoir les plaintes contre les officiers du roi et de réparer les torts commis en son nom — audace dont peu de gouvernements ont jamais fait autant.
-
10Combien d’articles compte l’ordonnance de Villers-Cotterêts ?
Elle réforme la procédure, restreint les juridictions ecclésiastiques et abrège les délais. Deux dispositions l’ont rendue immortelle.
-
11Quelle disposition de cette ordonnance a fondé l’état civil français ?
Des baptêmes, puis des sépultures. Quatre siècles de mémoire des familles sont nés d’un article de police judiciaire.
-
12Qu’exigeait la seconde disposition fameuse de 1539 ?
« Prononcés, enregistrés et délivrés aux parties en langage maternel françois et non autrement. » Nulle académie ne fit autant pour notre langue qu’une ordonnance de procédure.
-
13Que désigne-t-on par le « Code Louis » ?
Ordonnance civile de 1667, criminelle de 1670, commerce en 1673, marine en 1681. C’est l’entreprise de codification la plus vaste avant le Code civil.
-
14Qui plaida les droits de l’accusé dans la commission de l’ordonnance criminelle ?
Pussort y défendait l’autorité. Le texte d’août 1670 unifia enfin la procédure pénale du royaume.
-
15Pourquoi le roi peut-il suspendre le cours de la justice par la grâce ?
Et parce qu’il est sacré, il imite en cela la miséricorde divine. Les lettres de rémission remettaient la peine, relevaient l’infamie, rendaient l’honneur.
-
16Quelles occasions s’accompagnaient de pardons généraux ?
Cette faculté n’était pas un caprice : elle corrigeait la rigueur de la loi générale par l’examen du cas particulier.
-
17Comment une lettre de cachet était-elle formellement établie ?
Elle prescrivait l’exil, l’internement au couvent, la détention à la Bastille, à Vincennes ou à Charenton — sans jugement ni recours.
-
18Qu’ordonna la circulaire du baron de Breteuil, en 1784 ?
Elle fit relâcher nombre de prisonniers. La Bastille, réputée abîme, ne comptait plus que sept détenus le jour où on la prit.
-
19Que fit Louis XVI de la question préparatoire, puis de la question préalable ?
Il fit en outre rédiger par Malesherbes les mémoires qui préparaient une réforme entière de la procédure criminelle.
-
20Qu’était la théorie dite des « classes », forgée au XVIIIᵉ siècle ?
Sans fondement dans le droit — il n’existait aucun lien hiérarchique entre les cours — mais redoutablement efficace pour organiser la résistance générale à un acte du roi.
0 / 20