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1Sur quoi repose la croyance au droit de cuissage ?
Aucun coutumier ne l’énonce, aucun terrier ne le tarife, aucun procès ne l’invoque. Pour un droit prétendument général en Europe, l’absence documentaire est totale.
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2Pourquoi cette absence de traces est-elle probante en droit médiéval ?
Terriers et coutumiers consignaient chaque redevance avec une minutie de notaire : tout droit non écrit était un droit perdu. L’argument du silence vaut ici démonstration.
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3Combien de prisonniers la Bastille comptait-elle le 14 juillet 1789 ?
Quatre faussaires remis à la justice ordinaire dès le lendemain, deux aliénés transférés à Charenton, et le comte de Solages. La forteresse était de surcroît promise à la démolition, par économie.
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4Que la foule venait-elle chercher à la Bastille, le 14 juillet 1789 ?
Elle avait pris les fusils aux Invalides le matin même ; il lui manquait la poudre. La délivrance des sept détenus ne fut pas le but de l’assaut, mais sa conséquence.
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5Qui sollicitait la très grande majorité des lettres de cachet d’internement ?
Un père faisait enfermer un fils prodigue, une famille un parent devenu fou. Arlette Farge et Michel Foucault en ont publié un recueil dans Le Désordre des familles.
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6Qu’était juridiquement une lettre de cachet ?
Contresignée d’un secrétaire d’État, elle prescrivait une mesure individuelle — exil, internement, libération, parfois mariage — et échappait aux tribunaux. Sur ce point, le grief d’arbitraire est fondé.
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7De quoi était fait le masque du prisonnier de la Bastille ?
C’est le journal d’Étienne du Junca, lieutenant de la Bastille, qui le décrit. C’est Voltaire qui l’a changé en métal.
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8Quel nom la correspondance de son geôlier donne-t-elle à ce prisonnier ?
Arrêté à Calais en juillet 1669. Louvois écrit de lui qu’il n’est « qu’un valet » et qu’on ne doit lui accorder aucun égard particulier. Il fut inhumé sous le nom de Marchialy.
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9De quel impôt la noblesse était-elle effectivement exempte ?
Et encore : dans le Midi, la taille était réelle et frappait les terres roturières, qu’elles fussent tenues par un noble ou non. Un noble y payait donc la taille.
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10Quel impôt de 1695 répartit tous les sujets en vingt-deux classes selon leur rang ?
Du dauphin au manœuvre, la noblesse en tête. Suivirent le dixième en 1710, puis le vingtième en 1749, qui portaient sur tous les revenus sans distinction d’ordre.
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11Quelle part de la population française la noblesse représentait-elle ?
Entre cent vingt et trois cent cinquante mille personnes selon la définition retenue — et d’une extrême diversité de fortune.
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12Quel était le revenu ordinaire d’un gentilhomme campagnard ?
De quoi vivre sans travailler de ses mains, à peine. Les quelques centaines de familles présentées à la cour comptaient leurs revenus en centaines de milliers de livres.
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13Combien restait-il de mainmortables en France à la veille de 1789 ?
Un demi pour cent des Français, concentrés en Franche-Comté et dans le Nivernais. Les affranchissements des XIIᵉ et XIIIᵉ siècles avaient dissous le servage bien avant.
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14Quelle part du sol du royaume les paysans possédaient-ils en propre ?
Proportion sans équivalent dans l’Europe du temps. C’est l’un des faits les plus mal connus de l’Ancien Régime.
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15Que fit Louis XVI par l’édit d’août 1779 ?
En invitant les seigneurs à l’imiter et en supprimant le droit de suite, qui permettait de poursuivre un serf enfui.
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16Pourquoi prenait-on peu de bains à Versailles ?
Après les grandes épidémies, les médecins conclurent que l’eau chaude dilatait les pores et livrait le corps à la contagion. La faculté tint cette doctrine jusqu’au XVIIIᵉ siècle.
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17Par quoi la propreté passait-elle alors ?
Le linge était tenu pour l’agent véritable du nettoyage, absorbant les humeurs du corps. Ce n’est pas l’absence d’hygiène, c’est une autre hygiène.
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18Où la formule « L’État, c’est moi » apparaît-elle pour la première fois ?
L’Histoire physique, civile et morale de Paris de Dulaure, sans aucune source, sous la monarchie de Juillet — au moment précis où il était utile de rappeler ce que valait l’absolutisme.
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19Dans quel ouvrage lit-on « Qu’ils mangent de la brioche » pour la première fois ?
Au livre VI, rédigé vers 1765. Rousseau rapporte un souvenir de jeunesse et ne nomme personne : « le pis-aller d’une grande princesse ». Marie-Antoinette a alors neuf ans et vit à Vienne.
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20Dans quel ordre la loi salique et sa justification sont-elles venues ?
En 1316 puis en 1328, on écarta les femmes par nécessité politique, sans invoquer aucun texte. Un demi-siècle plus tard, la guerre commencée, les juristes exhumèrent un code franc du VIᵉ siècle.
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