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1Le sacre faisait-il le roi ?
La couronne ne connaît pas d’interrègne : le successeur règne dès l’instant de la mort du roi. Le sacre ne crée pas le droit, il le rend irrésistible aux yeux des peuples.
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2Pourquoi Jeanne d’Arc tenait-elle tant à mener Charles VII à Reims ?
Il était roi depuis 1422. Mais elle ne l’appelait que « gentil dauphin » avant Reims : ce que le sacre ajoutait, c’était l’évidence.
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3Quels livres réglaient le déroulement de la cérémonie ?
Le plus admirable est le Livre du sacre de Charles V, enluminé en 1365. Chacun des gestes de la journée y avait son sens et sa place.
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4Comment commençait la journée du sacre ?
Les évêques frappaient : « Que demandez-vous ? — Le roi. — Le roi dort. » À la troisième demande, on le nommait enfin. L’Église venait chercher le roi pour le présenter à Dieu.
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5Que promettait le roi par le serment du royaume ?
Le sacre liait le roi par des serments avant de l’élever par des onctions. Il rappelait dans la même heure qu’il était au-dessus de tous les hommes et au-dessous de tous ses devoirs.
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6Quelle épée était remise au roi pendant la cérémonie ?
L’archevêque la lui remettait nue : « Reçois ce glaive qui t’est conféré avec la bénédiction de Dieu. » L’épée était une charge, non un trophée.
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7En combien de points le roi recevait-il l’onction ?
La tête, la poitrine, le dos, les épaules, les bras, les mains. On gantait aussitôt les paumes de gants bénits.
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8Sur quels vêtements étaient calqués ceux du roi au sacre ?
Dalmatique, puis grand manteau d’azur semé de lys. Le roi n’était pas prêtre, mais personnage mixte : mi-clerc, mi-laïc.
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9Combien y avait-il de pairs de France, et comment se répartissaient-ils ?
Le collège fut fixé au XIIIe siècle, à l’image des douze preux et des douze apôtres. Chacun avait son office précis dans la cérémonie.
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10Quel pair sacrait et couronnait le roi ?
L’évêque de Laon portait la sainte ampoule, celui de Langres le sceptre, le duc de Bourgogne la couronne, le comte de Flandre l’épée.
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11Que faisaient les douze pairs au moment du couronnement ?
Image parfaite du royaume entier portant la couronne avec son roi. Mais c’est l’archevêque seul qui la posait sur sa tête.
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12Que signifiait l’anneau passé au doigt du roi ?
Union indissoluble, qui fait de la France non un bien que l’on possède mais une épouse que l’on sert.
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13Que criait l’archevêque en installant le roi sur le trône ?
Vive le roi éternellement. Les pairs répétaient l’acclamation, les portes s’ouvraient, le peuple envahissait la nef et l’on lâchait des volées d’oiseaux sous les voûtes.
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14Quel privilège quasi sacerdotal le roi exerçait-il à la messe du sacre ?
Aucun autre laïc ne le partageait. Le roi ne montait pourtant pas à l’autel : il n’était pas prêtre, mais « l’évêque du dehors ».
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15Qu’appelait-on les écrouelles ?
Des adénites tuberculeuses, que l’on nommait le « mal royal ». Marc Bloch a consacré à cette croyance son maître-livre, Les Rois thaumaturges.
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16Quelle formule le roi prononçait-il en touchant les malades ?
La formule donne à Dieu seul la guérison. Le roi n’était pas un magicien, mais le canal d’une grâce qui ne venait pas de lui.
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17Combien de malades Louis XVI toucha-t-il au lendemain de son sacre, en 1775 ?
Charles X en toucha encore environ cent vingt en 1825. Les chiffres disent la foi des foules bien mieux que les traités.
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18Comment la théologie politique de l’ancienne France nommait-elle le roi sacré ?
Il tient le lieu de Dieu dans l’ordre temporel. On l’appelait aussi « l’évêque du dehors » : chargé de protéger l’Église au-dehors comme les évêques la gouvernent au-dedans.
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19Quand eut lieu le dernier sacre de notre histoire ?
Celui de Charles X, le 29 mai 1825, selon l’ordre presque intégral des anciens rois. Rossini composa pour l’occasion, Lamartine et le jeune Victor Hugo donnèrent chacun leur ode.
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20Avec quoi fut composé le saint chrême de ce dernier sacre ?
Des Rémois en avaient sauvé des parcelles avant la profanation. Par-dessus l’abîme révolutionnaire, le rite se rattachait ainsi au baptême de Clovis.
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