-
1Qu’étaient les lois fondamentales du royaume ?
La France avait une constitution huit cents ans avant 1791 — mais elle n’était pas sur du papier. Elle tenait dans un petit nombre de règles reçues de la coutume.
-
2Quelle est la différence entre une « loi du roi » et une « loi du royaume » ?
Le roi faisait des ordonnances et pouvait les abroger. Les lois du royaume, elles, ne procédaient pas de sa volonté : elles s’imposaient à lui.
-
3Comment ces lois se sont-elles formées ?
Chaque péril de mort de la monarchie précipita une règle. C’est la jurisprudence d’un peuple, écrite par huit siècles sans encre.
-
4Que reconnaissait Jean Bodin, pourtant théoricien de la souveraineté absolue ?
Ce serait, disait-il, scier la branche où le trône est assis. Même la doctrine la plus absolutiste s’arrêtait devant ces règles.
-
5Que signifie l’indisponibilité de la couronne ?
C’est la plus profonde de ces lois. La couronne se transmet par la seule force de la règle, et le roi n’y peut rien.
-
6Que le roi ne pouvait-il donc pas faire de sa couronne ?
Ni la vendre, ni la léguer, ni désigner son successeur, ni abdiquer valablement pour sa descendance. Le plus absolu des rois était impuissant sur ce point.
-
7Quel juriste mit cette doctrine en forme dès 1419 ?
Un an avant le traité de Troyes, comme si la doctrine avait devancé l’épreuve. Elle allait servir aussitôt.
-
8Quel acte de Louis XIV le Parlement cassa-t-il en 1715, au nom de cette règle ?
Il y appelait ses bâtards légitimés à la succession. Ces dispositions furent tenues pour non écrites : la couronne ne se règle pas par testament.
-
9Selon quel principe la couronne se transmet-elle ?
De mâle en mâle, à l’exclusion des femmes et de leurs descendants. L’héritier est ainsi désigné d’avance, sans élection ni intrigue possible.
-
10Que fit reconnaître l’assemblée de 1317 ?
On écartait ainsi la petite Jeanne, fille de Louis X, au profit de son oncle Philippe V. La règle naissait d’un cas d’espèce.
-
11Quel pas supplémentaire fut franchi en 1328, contre Édouard III ?
Ne pouvant recevoir la couronne, elles ne sauraient davantage la transmettre. Édouard III, petit-fils de Philippe le Bel par sa mère, était écarté — et la guerre de Cent Ans commençait.
-
12D’où vient le nom de « loi salique » ?
Les clercs cherchèrent un titre ancien pour habiller une coutume déjà vivante. La règle existait avant son nom, non l’inverse.
-
13Quel avantage décisif cette règle donnait-elle au royaume ?
Sort que connurent l’Espagne, l’Angleterre et bien d’autres trônes. La France avait résolu ce que nulle république n’a jamais résolu sans déchirement : la transmission paisible du pouvoir suprême.
-
14Dans quelles circonstances s’est formée la loi de catholicité du roi ?
C’est la dernière venue des lois fondamentales. En 1589, Henri de Navarre, protestant, devenait héritier par la loi salique : deux lois semblaient se contredire.
-
15Que décida le Parlement de Paris par l’arrêt Lemaistre, en 1593 ?
On l’appelle l’arrêt de la loi salique. Il maintenait l’ordre du sang contre la Ligue, qui voulait donner la France à l’Espagne.
-
16Pourquoi la catholicité du roi n’était-elle pas une simple convenance politique ?
Le sacre faisait du roi le lieutenant de Dieu : un roi séparé de la communion de son royaume était une contradiction dans les termes. L’abjuration d’Henri IV fut une obéissance à la constitution de son pays, non une capitulation.
-
17Que veut dire la maxime « le mort saisit le vif » ?
Pleinement roi, sans attendre ni sacre ni couronnement. Charles VII fut roi dès 1422, quand Reims était aux mains de l’ennemi ; Henri IV dès 1589, cinq ans avant son sacre.
-
18Que criait le héraut sur le caveau de Saint-Denis, aux funérailles du roi ?
Sans reprendre haleine entre les deux. D’où l’adage que l’Europe nous enviait : le roi ne meurt jamais en France. Nulle vacance, nulle brèche pour les factions.
-
19Que dit la loi d’inaliénabilité du domaine ?
Ces terres ne sont pas sa fortune mais la dotation perpétuelle de l’État. En protégeant le domaine contre les prodigalités du prince, la loi protégeait le peuple.
-
20Quel édit codifia cette règle, en 1566 ?
Il n’admettait que deux exceptions : les apanages des fils de France, qui reviennent à la couronne faute d’héritier mâle, et les engagements pour nécessité de guerre, toujours rachetables.
0 / 20