Limoges a donné son nom à deux industries qui ont fait le tour du monde à cinq siècles d’intervalle : l'émail champlevé du Moyen Âge, exporté dans toute la chrétienté, et la porcelaine du XVIIIe siècle, née de la découverte d’un gisement de kaolin à quelques lieues de la ville.
Province de plateaux et de châtaigneraies, le Limousin fut longtemps morcelé entre une vicomté de Limoges, un comté, et des seigneuries relevant tantôt du roi de France, tantôt du duc d’Aquitaine — donc du roi d’Angleterre. Cette ambiguïté en fit l’un des théâtres les plus ravagés de la guerre de Cent Ans : Limoges fut mise à sac par le Prince Noir en 1370.
Les émaux
Dès le XIIe siècle, les ateliers de Limoges produisaient des émaux champlevés sur cuivre — châsses, croix, reliquaires — qu’on trouve aujourd’hui dans tous les grands musées d’Europe. Opus lemovicense, l’ouvrage de Limoges, désignait dans les inventaires médiévaux une qualité reconnue de Cologne à Palerme.
La technique déclina, puis renaquit au XVIe siècle sous une autre forme, l'émail peint, dont les Limosin et les Pénicaud firent un art de cour.
Le kaolin de Saint-Yrieix
Le second essor date de 1768 : on découvrit à Saint-Yrieix-la-Perche un gisement de kaolin, la terre blanche indispensable à la porcelaine dure, que l’Europe cherchait depuis que la Chine en avait révélé le secret.
Les manufactures se multiplièrent, protégées par le comte d’Artois puis rachetées par le roi. La porcelaine de Limoges devint au XIXe siècle la première de France, et le nom de la ville, dans le monde anglo-saxon, désigne encore la vaisselle fine.
La réunion de 1607
Le comté était entré dans le patrimoine des Albret et appartenait donc à Henri IV comme bien propre. L'édit d’union de juillet 1607, qui incorpora au domaine ses possessions personnelles, y rattacha le Limousin en même temps que le comté de Foix et l’Armagnac.
Ce qu’il est aujourd’hui
Le Limousin forme la Haute-Vienne et la Corrèze, avec des franges de la Creuse et de la Dordogne. La région administrative qui a porté ce nom de 1956 à 2016 y ajoutait toute la Creuse, c’est-à-dire l’ancienne Marche.
La langue limousine — variété de l’occitan — a donné son nom, par un détour curieux, à un type d’automobile : la limousine tirerait son nom de la grande cape des bergers limousins, qui couvrait le conducteur comme le toit couvre l’habitacle.