Le comté de Foix est entré dans le royaume par la porte la plus discrète : quand Henri IV monta sur le trône en 1589, ses domaines personnels ne furent pas automatiquement réunis à la couronne. Il fallut un édit, en 1607, pour que le roi de France incorporât au domaine ce qu’il possédait comme particulier.
Petit comté adossé aux Pyrénées, Foix doit son importance à sa position : il commande les cols vers la Catalogne et l’Andorre. Ses comtes furent au XIIIe siècle parmi les derniers protecteurs des cathares — Montségur, où les parfaits résistèrent jusqu’en 1244, était en terre fuxéenne.
Les Foix-Béarn
Le comté passa au XIVe siècle à la maison de Foix-Béarn, celle de Gaston Fébus, puis aux Albret, et suivit dès lors le sort du Béarn et de la Navarre. Il appartenait donc, en 1589, au patrimoine privé d’Henri de Navarre.
L'édit de 1607
Un principe des lois fondamentales voulait que le roi ne pût disposer du domaine de la couronne, mais rien n’obligeait ses biens propres à s’y fondre. Henri IV trancha par l'édit d’union de juillet 1607, qui incorpora au domaine le comté de Foix, le Bigorre, le Quatre-Vallées, le Nébouzan, l’Armagnac, le Rouergue et le Limousin — tout ce qu’il tenait des Albret, à l’exception notable du Béarn et de la Navarre, qu’il garda séparés pour n’y pas rétablir le catholicisme.
C’est l’un des rares actes où l’on voit clairement la distinction entre le roi comme personne et le roi comme institution.
L’Andorre
Le comté a laissé une survivance unique en Europe. Par le paréage de 1278, les comtes de Foix et l'évêque d’Urgell se partageaient la souveraineté sur les vallées d’Andorre. Ce droit passa avec le comté aux rois de France, puis, après 1789, au chef de l'État français.
Le président de la République française est aujourd’hui coprince d’Andorre, avec l'évêque d’Urgell, en vertu d’un accord féodal conclu il y a près de sept cent cinquante ans.
Ce qu’il est aujourd’hui
Le comté de Foix forme la partie sud de l'Ariège, département créé en 1790 par la réunion du comté, du Couserans et d’une partie du Languedoc. La ville de Foix, dominée par son château à trois tours, en est restée la préfecture.