Lyon fut pendant treize siècles une ville d’Empire, capitale des Gaules puis siège du primat, et la Saône marquait la frontière du royaume. Philippe le Bel la fit passer sous sa main en 1312 — et la France y gagna, à terme, sa capitale financière, sa capitale de la soie et sa seconde ville.
Fondée par Rome en 43 avant notre ère, Lugdunum fut la capitale des trois Gaules et le carrefour des routes impériales. Cette ancienneté lui valut un statut singulier : son archevêque, primat des Gaules, tenait la ville en seigneur, et le tout relevait du Saint-Empire.
L’annexion de 1312
Philippe le Bel, qui poussait partout la frontière vers l’est, exploita les querelles entre l’archevêque et les bourgeois. Après une brève occupation militaire, le traité de 1312 fit passer Lyon sous la souveraineté française, l’archevêque conservant ses droits spirituels.
La ville n’en garda pas moins des franchises considérables : elle n’avait ni parlement ni états, mais un consulat élu qui l’administrait, et une exemption d’impôts que les rois renouvelèrent longtemps pour l’attacher.
Les foires et la soie
Le vrai décollage vint des quatre foires franches que Louis XI institua en 1463 pour détourner vers Lyon le trafic qui allait à Genève. Elles firent de la ville une place de change et de crédit où les banquiers florentins et allemands s'établirent — les Médicis, les Gadagne, les Kléberger.
François Ier y ajouta en 1536 le privilège de la fabrique de soie, arraché à l’Italie. Au XVIIIe siècle, la Grande Fabrique lyonnaise employait des dizaines de milliers de canuts, et le métier Jacquard, inventé en 1801, y trouva son terrain.
Ce qu’il est aujourd’hui
Le gouvernement du Lyonnais réunissait trois pays distincts : le Lyonnais proprement dit, le Forez autour de Montbrison, et le Beaujolais. Ils forment aujourd’hui le Rhône et la Loire.
La métropole de Lyon, créée en 2015, a repris à sa manière une singularité ancienne : elle est, comme la ville d’Empire d’autrefois, une collectivité à statut particulier qui ne relève plus du département.