Coincé entre la Normandie au nord, l’Anjou au sud et la Bretagne à l’ouest, le Maine fut pendant deux siècles l’enjeu de leurs querelles. Il passa aux Plantagenêts, aux Capétiens, aux Anglais, aux ducs d’Anjou — et n’entra définitivement dans le domaine qu’avec l’héritage angevin de 1481.
Le comté du Maine s’est formé autour du Mans, cité épiscopale d’origine romaine. Sa position en fit un objet de convoitise permanent : qui le tenait menaçait à la fois Rouen, Angers et Rennes.
Entre les Plantagenêts et les Capétiens
Le comté passa par mariage à Geoffroy Plantagenêt, comte d’Anjou, et suivit dès lors l’empire angevin. Philippe Auguste le confisqua à Jean sans Terre en 1204 avec la Normandie et l’Anjou.
Pendant la guerre de Cent Ans, il fut l’un des enjeux majeurs : cédé aux Anglais, repris, cédé de nouveau par le traité de Tours en 1444 — Charles VII le rendit au duc d’Anjou pour obtenir une trêve et le mariage de Marguerite d’Anjou avec Henri VI, ce qui fit scandale en Angleterre et contribua à y déclencher la guerre des Deux-Roses.
Devenu apanage de la seconde maison d’Anjou, le Maine revint à la couronne en 1481 à la mort de Charles du Maine, en même temps que l’Anjou et la Provence.
Le pays et ses hommes
Province de bocage et d'élevage, le Maine fournit à la France une race de chevaux de trait, une race bovine, et surtout des toiles de lin qui s’exportaient jusqu’en Espagne et aux Indes. Le Mans avait une cathédrale dont le chœur gothique est l’un des plus hauts de France, et la ville conserve l’un des rares ensembles de remparts romains encore debout.
Après 1793, le bocage mayennais devint l’un des foyers de la chouannerie, guerre de haies et d’embuscades qui prolongea dix ans le soulèvement de l’Ouest.
Ce qu’il est aujourd’hui
Le Maine forme la Sarthe et la Mayenne. La distinction ancienne entre Haut-Maine, autour du Mans, et Bas-Maine, autour de Laval, correspond assez exactement aux deux départements.
Le Perche, qui lui était administrativement rattaché, est aujourd’hui partagé entre l’Orne, l’Eure-et-Loir et la Sarthe — et son cheval de trait, le percheron, a fait le tour du monde.