Aller au contenu
Royaume de FranceMontjoie ! Saint Denis !

Province · Lille

La Flandre

Les villes conquises par Louis XIV, gardées par Vauban

Capitale : LilleRéunie à la couronne : 1668 et 1678

La Flandre française n’est pas une province ancienne mais une conquête méthodique. Louis XIV la prit ville par ville en deux guerres, et Vauban en fit le plus formidable système fortifié d’Europe : une double ligne de places qui protégea Paris pendant deux siècles et qu’on appelait le pré carré.

Carte des gouvernements de Flandre françoise, d’Artois, de Picardie et du Boulonnois, gravée par Rigobert Bonne en 1771
Rigobert Bonne, Carte des gouvernements de Flandre françoise, d’Artois, de Picardie et du Boulonnois, 1771. Planche de l’Atlas moderne.

Le comté de Flandre fut, au Moyen Âge, la région la plus urbanisée et la plus riche du royaume — Gand, Bruges, Ypres, Lille vivaient du drap et comptaient parmi les plus grandes villes d’Europe. Il relevait de la couronne de France, mais ses bourgeois n’obéissaient guère : c’est une milice de tisserands qui écrasa la chevalerie française à Courtrai en 1302.

Bourguignonne, puis espagnole

Comme l’Artois, la Flandre passa aux ducs de Bourgogne en 1384, puis aux Habsbourg. Charles Quint, né à Gand, y détacha en 1529 tout lien de vassalité avec la France : la Flandre cessa juridiquement d'être française.

La conquête de Louis XIV

Deux guerres la ramenèrent. La guerre de Dévolution, en 1667-1668, donna Lille, Douai, Tournai, Armentières — le traité d’Aix-la-Chapelle les confirma. La guerre de Hollande, close par le traité de Nimègue en 1678, ajouta Cassel, Bailleul, Ypres et Cambrai, dont une partie fut rendue plus tard.

Vauban fortifia tout : la citadelle de Lille, qu’il appelait la reine des citadelles, Bergues, Le Quesnoy, Maubeuge, et conçut le pré carré — deux lignes de places se soutenant l’une l’autre, qui rendaient toute invasion coûteuse. Le principe tint jusqu’en 1914.

Une province bilingue

La Flandre française fut administrée avec beaucoup de prudence. Ses coutumes furent maintenues, ses institutions municipales conservées, et l’usage du flamand toléré dans la partie nord — la Flandre maritime, autour de Dunkerque et Hazebrouck, où il se parlait encore couramment au XXe siècle. Le parlement de Flandre, installé à Tournai puis à Douai en 1714, jugeait selon les coutumes locales.

Ce qu’elle est aujourd’hui

La Flandre française forme la partie nord du département du Nord, autour de Lille, Douai, Dunkerque et Hazebrouck. Le reste du département correspond au Hainaut et au Cambrésis, également conquis par Louis XIV.

Le flamand occidental y subsiste comme langue régionale, et les beffrois des villes — Lille, Douai, Bergues — classés au patrimoine mondial, rappellent le temps où ces cités se gouvernaient elles-mêmes.