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Traité · 2 et 3 avril 1559

Le traité du Cateau-Cambrésis

Signé à : Le Cateau-CambrésisSous : Henri II

Soixante-cinq ans de campagnes au-delà des Alpes s’achèvent par une renonciation. La France abandonne l’Italie, qu’elle n’a jamais pu tenir, et garde Calais et les Trois-Évêchés, qu’elle tiendra. Le mauvais traité qu’on y a vu fut en réalité un recentrage : la monarchie cessait de rêver et commençait à bâtir sa frontière.

Ce qui précède

Depuis l’expédition de Charles VIII en 1494, cinq rois se sont succédé dans la même illusion italienne. Marignan en 1515 fut une victoire éclatante ; Pavie en 1525 un désastre où François Ier fut fait prisonnier. Henri II a repris la lutte contre Charles Quint, puis contre son fils Philippe II.

Les deux couronnes sont ruinées. L’Espagne fait banqueroute en 1557, la France en 1558. Et le désastre de Saint-Quentin, en août 1557, ouvre la route de Paris aux Espagnols.

Ce que le traité décide

La France renonce à l’Italie : plus de prétentions sur Milan, Naples ni la Sicile. Elle restitue la Savoie et le Piémont au duc Emmanuel-Philibert, la Corse à Gênes.

Elle conserve Calais, reprise aux Anglais par le duc de Guise en janvier 1558 — l’Angleterre l’obtient en principe au bout de huit ans, mais ne la reverra jamais.

Elle conserve surtout les Trois-Évêchés — Metz, Toul et Verdun —, occupés en 1552, dont la possession est tacitement admise. C’est l’acquisition la plus durable du règne.

Le traité est scellé par deux mariages : Élisabeth de France épouse Philippe II, Marguerite de France épouse le duc de Savoie.

Ce qui en découle

C’est en célébrant ces noces qu’Henri II est mortellement blessé dans un tournoi, le 30 juin 1559, par la lance du comte de Montgomery. Il meurt le 10 juillet.

Le royaume passe à des enfants — François II a quinze ans, Charles IX en aura dix — sous la régence de Catherine de Médicis. Trois ans plus tard commencent les guerres de Religion, qui dureront trente-six ans.

Ce qu’il faut en retenir

Les contemporains jugèrent le traité honteux, et l’historiographie les a longtemps suivis. C’est mal voir.

La France abandonnait des conquêtes qu’elle n’avait jamais su garder, et gardait des places qui commandaient sa frontière. Metz, Toul et Verdun sont restés français ; Milan et Naples ne l’auraient jamais été. Le règne suivant devait montrer que le vrai danger n'était pas au-delà des Alpes mais au-dedans.

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