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Traité · 11 avril 1713

Les traités d’Utrecht

Signé à : UtrechtSous : Louis XIV

Onze ans de guerre, la France envahie, Louis XIV prêt à se retirer au-delà de la Loire — et pourtant le traité sauve l’essentiel : un Bourbon reste roi d’Espagne. Le prix fut payé de l’autre côté de l’Atlantique, en terres que personne à Versailles ne savait situer.

Ce qui précède

En 1700, Charles II d’Espagne meurt sans enfant et lègue tous ses États au duc d’Anjou, petit-fils de Louis XIV. Le roi accepte le testament — « il n’y a plus de Pyrénées », dit-on qu’il déclara, formule elle aussi apocryphe.

L’Europe s’y oppose : la réunion possible des deux couronnes menace tous les équilibres. La guerre dure onze ans. Malplaquet, Ramillies, Oudenarde : la France perd presque tout, et Louis XIV, en 1709, s’adresse directement à ses peuples pour justifier la poursuite du combat.

Denain, le 24 juillet 1712, renverse la situation à la dernière heure : Villars y sauve le royaume de l’invasion et rend au roi de quoi négocier.

Ce que les traités décident

Philippe V garde l’Espagne et ses colonies, mais renonce solennellement, pour lui et sa descendance, à tout droit sur la couronne de France : les deux couronnes ne seront jamais réunies.

L’Autriche reçoit les Pays-Bas espagnols, Milan, Naples et la Sardaigne. La Savoie reçoit la Sicile, puis la Sardaigne. L’Angleterre reçoit Gibraltar et Minorque.

La France cède à l’Angleterre Terre-Neuve, l’Acadie et la baie d’Hudson, ainsi que sa part de Saint-Christophe. Elle démantèle les fortifications de Dunkerque.

L’Angleterre obtient enfin l'asiento, monopole de la traite négrière vers l’Amérique espagnole.

Ce qui en découle

Le principe posé à Utrecht — l'équilibre européen — devient la doctrine du siècle : aucune puissance ne doit dominer les autres, et une coalition se formera contre celle qui essaiera.

Les cessions d’Amérique préparent la suite. L’Acadie perdue, la Nouvelle-France devient indéfendable ; cinquante ans plus tard, le traité de Paris achèvera ce qu’Utrecht avait commencé.

Ce qu’il faut en retenir

Utrecht est un demi-échec qu’il faut savoir lire comme un demi-succès. La France sort épuisée, amputée outre-mer, ses ambitions continentales brisées.

Mais elle a maintenu un Bourbon à Madrid, ce qui était l’objet même de la guerre, et sa frontière du nord-est n’a pas bougé. Louis XIV mourut deux ans plus tard en laissant à son arrière-petit-fils un royaume intact dans ses limites.

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