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Traité · 7 novembre 1659

Le traité des Pyrénées

Signé à : L'île des Faisans, sur la BidassoaSous : Louis XIV

On croit la frontière des Pyrénées naturelle ; elle date de ce traité. Mazarin et Luis de Haro négocièrent trois mois sur une île de la Bidassoa, terre neutre entre les deux royaumes, et en sortirent avec le Roussillon, l’Artois et un mariage — celui-là même qui donnerait un jour l’Espagne à un Bourbon.

Ce qui précède

La guerre franco-espagnole ouverte en 1635 a survécu onze ans à la paix de Westphalie. La France, sortie de la Fronde, a gagné Rocroi en 1643 puis, avec l’appui anglais, la bataille des Dunes en 1658. L’Espagne est épuisée et ruinée.

Ce que le traité décide

La France reçoit l'Artois et des places de Flandre et du Hainaut au nord ; le Roussillon et une partie de la Cerdagne au sud.

La frontière méridionale est fixée sur la crête des Pyrénées — principe simple sur le papier, compliqué sur le terrain : trente-trois villages de Cerdagne restent espagnols, et Llívia, tenue pour une ville et non pour un village, demeure enclave espagnole en territoire français. Elle l’est toujours.

Louis XIV épouse l’infante Marie-Thérèse, fille de Philippe IV, qui renonce à ses droits sur la couronne d’Espagne — mais contre le versement d’une dot de cinq cent mille écus d’or. L’Espagne, en faillite, ne la paiera jamais.

Le traité accorde enfin le pardon au prince de Condé, passé au service espagnol pendant la Fronde.

Ce qui en découle

La clause de la dot devait tout changer. Les juristes français soutinrent que la renonciation, gagée sur un paiement jamais effectué, était nulle.

Louis XIV s’en servit deux fois : en 1667 pour réclamer les Pays-Bas au nom du droit de dévolution, ce qui donna la guerre de Dévolution ; puis en 1700 pour accepter le testament de Charles II en faveur de son petit-fils, qui devint Philippe V d’Espagne. Les Bourbons y règnent encore.

Ce qu’il faut en retenir

Ce traité montre qu’un article mal exécuté vaut mieux qu’un article absent. Mazarin savait que l’Espagne ne paierait pas ; il tenait sa clause d’ouverture.

Il montre aussi que les frontières dites naturelles sont des constructions politiques. Personne, avant 1659, ne considérait les Pyrénées comme la limite évidente entre deux royaumes — la Catalogne s'étendait des deux côtés, et elle y est restée.

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