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Province · Besançon

La Franche-Comté

Le comté de Bourgogne, espagnol jusqu'à Louis XIV

Capitale : BesançonRéunie à la couronne : 1678

On la confond sans cesse avec la Bourgogne, dont la Saône la sépare. Le comté de Bourgogne était terre d’Empire, puis possession des Habsbourg d’Espagne ; il fallut à Louis XIV deux campagnes, dont une conduite en quinze jours au cœur de l’hiver, pour en faire une province française.

Carte des gouvernements de Bourgogne, de Franche-Comté et de Lyonnois, gravée par Rigobert Bonne en 1771
Rigobert Bonne, Carte des gouvernements de Bourgogne, de Franche-Comté et de Lyonnois, 1771. Planche de l’Atlas moderne.

Son nom dit son privilège : la franche comté, celle qui ne devait ni service ni taille à son suzerain nominal, l’empereur. Détachée du duché de Bourgogne par le cours de la Saône, elle suivit un destin inverse : quand Louis XI saisit le duché en 1477, le comté passa par Marie de Bourgogne aux Habsbourg, et devint espagnol.

Deux siècles espagnols

De 1493 à 1678, la Franche-Comté fut gouvernée depuis Bruxelles puis Madrid, et sa capitale politique était Dole, siège du parlement et d’une université fondée en 1422. Besançon, elle, était ville libre d’Empire et ne rejoignit le comté qu’en 1654.

Le pays vivait dans une neutralité prudente, commerçant avec ses voisins français sans se mêler de leurs guerres. La guerre de Trente Ans y mit fin brutalement : entre 1635 et 1644, les troupes du prince de Condé et les bandes suédoises ravagèrent la province, dont la population fut réduite de moitié — la plus lourde saignée qu’ait connue une province française.

Deux conquêtes

Louis XIV prit une première fois la Franche-Comté en février 1668 : Condé l’enleva en quinze jours, en plein hiver, et la France la rendit trois mois plus tard au traité d’Aix-la-Chapelle, contre les places de Flandre. Le roi la reprit en 1674, cette fois en personne, et Besançon capitula après vingt-sept jours de siège. Le traité de Nimègue, en 1678, la lui laissa définitivement.

Le parlement fut transféré de Dole à Besançon en 1676, l’université en 1691 : Louis XIV punissait ainsi la ville qui avait le plus résisté. Vauban fortifia la citadelle de Besançon, qui domine encore la boucle du Doubs, et les places de Salins et de Joux.

Ce qu’elle est aujourd’hui

La Franche-Comté correspond au Doubs, au Jura et à la Haute-Saône. Le Territoire de Belfort, qu’on lui associe aujourd’hui, était alsacien : il n’a rejoint la Franche-Comté administrative qu’au XXe siècle.

Sa réunion avec la Bourgogne, en 2016, a fait ce qu’aucun roi n’avait fait : associer sous une même administration le duché et le comté, séparés depuis le partage de 1477 — et par la Saône depuis toujours.