Le Roussillon est la seule province française née d’un mariage royal. Le traité des Pyrénées, en 1659, mit fin à vingt-quatre ans de guerre entre la France et l’Espagne : il donnait à Louis XIV l’infante Marie-Thérèse, et avec elle le Roussillon, la Cerdagne et l’Artois. La frontière des Pyrénées, qu’on croit naturelle, date de ce jour.
Comté catalan depuis le IXe siècle, le Roussillon appartint aux rois d’Aragon puis à ceux de Majorque, qui firent de Perpignan leur capitale continentale. Il était catalan de langue, de droit et de mœurs, et le resta longtemps après avoir changé de souverain.
Le traité des Pyrénées
La guerre franco-espagnole ouverte en 1635 s’acheva sur l'île des Faisans, au milieu de la Bidassoa, le 7 novembre 1659. Mazarin et Luis de Haro y négocièrent pendant trois mois. Le traité donnait à la France l'Artois, une partie de la Flandre, le Roussillon et la Cerdagne, et scellait le mariage de Louis XIV avec l’infante.
La frontière fut fixée sur la crête des Pyrénées — principe simple sur le papier, compliqué sur le terrain : trente-trois villages de Cerdagne restèrent espagnols, et Llívia, considérée comme ville et non comme village, demeura enclave espagnole en territoire français. Elle l’est toujours.
Une province catalane
Louis XIV maintint d’abord les usages catalans, puis les réduisit. Un conseil souverain remplaça en 1660 les institutions locales ; le français devint langue officielle des actes publics en 1700. La province resta pourtant catalanophone, et le demeure largement : le catalan y est aujourd’hui reconnu comme langue du département.
Vauban fortifia Perpignan, Collioure, Villefranche-de-Conflent, et bâtit de toutes pièces Mont-Louis, place forte à mille six cents mètres d’altitude destinée à verrouiller la Cerdagne. Ces ouvrages sont classés au patrimoine mondial.
Ce qu’il est aujourd’hui
Le Roussillon forme les Pyrénées-Orientales, avec le Conflent, le Vallespir, le Capcir et la Cerdagne française. C’est le seul département de France métropolitaine dont l’histoire soit catalane, et l’on y trouve encore le sang et or sur les frontons publics.