Orléans fut, avec Paris, l’un des deux points d’appui des premiers Capétiens, et la clef de la Loire. C’est pourquoi les Anglais l’assiégèrent en 1428 : qui tenait Orléans tenait le passage vers le Midi, et le royaume de Charles VII n’aurait pas survécu à sa chute.
Le domaine des premiers rois tenait sur deux villes : Paris et Orléans. Entre elles courait une route que les brigands châtelains coupaient à loisir, et c’est en la dégageant que Louis VI commença de faire un royaume.
Le siège de 1429
L'épisode qui a fixé le nom d’Orléans dans la mémoire française est le siège de 1428-1429. La ville était le dernier verrou avant le Berry, où Charles VII s'était réfugié. Les Anglais l’investirent en octobre 1428 ; sa chute aurait probablement emporté le parti français.
Jeanne d’Arc y entra le 29 avril 1429 et fit lever le siège le 8 mai, en huit jours. Le titre de pucelle d’Orléans lui vient de là, et la ville célèbre encore cet anniversaire chaque année par une fête ininterrompue depuis 1430 — l’une des plus anciennes commémorations civiques d’Europe.
Le duché des cadets
Érigé en duché en 1344, l’Orléanais devint l’apanage traditionnel des puînés de la famille royale. Deux de ces cadets montèrent sur le trône : Louis XII en 1498 et Louis-Philippe en 1830.
La dernière branche, issue de Philippe, frère de Louis XIV, donna le Régent, puis Philippe Égalité qui vota la mort du roi, puis Louis-Philippe, roi des Français. C’est aujourd’hui encore la maison d’Orléans qui conteste aux Bourbons d’Espagne la représentation de la royauté française.
Ce qu’elle est aujourd’hui
L’Orléanais correspond au Loiret, au Loir-et-Cher et à l'Eure-et-Loir, avec des débordements sur le Cher et l'Yonne. Il comprenait trois pays distincts que l’on nomme encore : l’Orléanais proprement dit, le Blésois autour de Blois, et le Dunois autour de Châteaudun. La Beauce et la Sologne, qui l’encadrent, sont des pays naturels et non des divisions administratives.