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Traité · 8 mai 1360

Le traité de Brétigny

Signé à : Brétigny, près de ChartresSous : Jean II le Bon, prisonnier des Anglais

Jamais la France n’a signé pire traité. Après le désastre de Poitiers et la capture du roi, il fallut céder le tiers du royaume en pleine souveraineté et promettre une rançon de trois millions d'écus — plusieurs années de revenus de la couronne. Et le roi revint mourir volontairement en captivité.

Ce qui précède

Le 19 septembre 1356, à Poitiers, l’armée française est écrasée et le roi Jean II fait prisonnier avec son plus jeune fils. Il est emmené à Londres.

Le royaume, privé de son roi, sombre : le dauphin Charles, dix-huit ans, affronte la révolte des états généraux menée par Étienne Marcel, la Jacquerie des campagnes, les Grandes Compagnies qui pillent tout, et les suites de la peste noire.

Ce que le traité décide

Négocié à Brétigny en mai, ratifié à Calais en octobre, il est d’une dureté sans précédent.

L’Angleterre reçoit en pleine souveraineté — sans hommage, donc sans lien féodal — l’Aquitaine agrandie, le Poitou, la Saintonge, l’Angoumois, le Périgord, le Limousin, le Rouergue, ainsi que Calais, Guînes et le Ponthieu. Environ le tiers du royaume.

La rançon du roi est fixée à trois millions d'écus d’or, payables en six ans, avec quarante otages de haut rang en garantie — dont trois fils du roi.

En contrepartie, Édouard III renonce à la couronne de France. Mais les clauses de renonciation réciproque ne furent jamais formellement échangées, ce qui laissa aux juristes des deux camps de quoi rouvrir la querelle.

Le retour du roi

Jean II est libéré en 1360 contre un premier versement. Son fils, le duc d’Anjou, laissé en otage à Calais, s'évade en 1363.

Le roi juge alors que son honneur est engagé. Contre l’avis de tous, il retourne se constituer prisonnier à Londres au début de 1364. Il y meurt quelques semaines plus tard, le 8 avril, sans avoir revu la France.

Ce qu’il faut en retenir

Brétigny fut si intolérable qu’il ne tint pas. Charles V et Du Guesclin reprirent tout en dix ans, sans grande bataille, par une guerre d’usure méthodique : en 1380, il ne restait aux Anglais que Calais, Bordeaux et Bayonne.

Le traité aura tout de même laissé une leçon que la monarchie retint : un roi prisonnier engage le royaume, et il ne faut donc jamais que le roi combatte au premier rang. Aucun roi de France ne fut plus jamais capturé.

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